Socialisation du chiot : 10 erreurs fréquentes à éviter
Trop de chiens, immersion, rencontres forcées… Découvrez les erreurs fréquentes de socialisation du chiot et comment lui faire vivre de meilleures expériences.
CHIOT & SOCIALISATION
9/7/202618 min read


Socialisation du chiot : 10 erreurs fréquentes à éviter
Quand on accueille un chiot, on entend très rapidement parler de socialisation.
Il faudrait lui faire rencontrer des chiens, des enfants, des hommes, des femmes, lui montrer la ville, la voiture, les vélos, les trottinettes, les transports, l'emmener partout…
L'intention est généralement excellente : on veut préparer son chiot au monde et éviter qu'il développe des peurs plus tard.
Mais c'est justement parce que la socialisation est importante que certaines erreurs peuvent avoir l'effet inverse de celui recherché.
Faire beaucoup de choses n'est pas forcément synonyme de bien socialiser son chiot.
Un chiot peut avoir rencontré cinquante chiens et malgré tout devenir très inconfortable avec ses congénères.
Il peut avoir été emmené partout et devenir de plus en plus inquiet dans les environnements animés.
Il peut avoir été caressé par énormément de personnes sans avoir réellement appris à être serein avec les humains.
Pourquoi ?
Parce que la socialisation ne devrait pas être évaluée uniquement à travers ce que le chiot a vu, mais surtout à travers la manière dont il a vécu ces expériences.
C'est ce changement de perspective qui me semble essentiel.
Dans cet article, je vous propose donc de revenir sur les erreurs que je rencontre fréquemment lorsque des propriétaires veulent bien faire avec leur chiot… et sur la manière dont on peut construire des expériences plus adaptées.
Si vous souhaitez d'abord comprendre les grands principes de cette période, je vous conseille de commencer par mon article Comment socialiser correctement son chiot ?
Erreur n°1 : vouloir faire découvrir un maximum de choses au chiot
C'est probablement l'erreur la plus classique.
On entend que les premières semaines sont importantes.
Alors on se met une pression énorme.
Lundi : centre-ville.
Mardi : rencontre avec trois chiens.
Mercredi : marché.
Jeudi : voiture et visite chez des amis.
Vendredi : école du chiot.
Samedi : restaurant.
Dimanche : balade dans un endroit très fréquenté.
Sur le papier, le programme semble formidable.
Le chiot découvre énormément de choses.
Mais il manque une information essentielle :
comment récupère-t-il entre toutes ces expériences ?
Un jeune chien doit assimiler énormément d'informations.
Un nouvel endroit n'est pas seulement une nouvelle image.
Il contient des centaines d'odeurs, des bruits, des mouvements, des personnes, différents sols, parfois des chiens et énormément de choses que nous ne remarquons même plus.
Plus n'est donc pas forcément mieux
Il vaut souvent mieux proposer quelques expériences intéressantes avec suffisamment de récupération que multiplier les nouveautés simplement pour pouvoir dire :
« Il a déjà tout vu. »
Votre chiot n'a pas besoin de terminer une checklist de socialisation le plus rapidement possible.
Il doit surtout apprendre progressivement :
« Je peux découvrir des choses nouvelles et rester suffisamment en sécurité pour les observer, les explorer et m'y adapter. »
C'est très différent.
Erreur n°2 : confondre exposition et bonne socialisation
C'est probablement l'idée centrale de cet article.
Imaginons qu'un chiot ait pris le métro.
Peut-on dire qu'il est socialisé au métro ?
Pas forcément.
Il faudrait d'abord savoir comment s'est passée l'expérience.
Est-ce qu'il :
explorait ?
observait tranquillement ?
pouvait se poser ?
récupérait rapidement après les bruits ?
semblait capable de fonctionner normalement ?
Ou est-ce qu'il :
était figé ?
cherchait constamment à partir ?
haletait beaucoup sans raison physique apparente ?
refusait d'explorer ?
sursautait continuellement ?
était tellement dépassé qu'il ne pouvait plus faire autre chose ?
Dans les deux situations, nous pourrions cocher :
« Métro : fait. »
Mais les apprentissages réalisés par les deux chiots sont potentiellement très différents.
Ce n'est pas parce qu'un chiot reste dans une situation qu'il s'habitue
C'est une confusion fréquente.
Le chiot ne peut parfois simplement pas partir.
Il est attaché à une laisse.
Il est porté.
Il se trouve dans un endroit fermé.
Ou son humain décide de rester.
Il finit éventuellement par moins bouger.
Et on se dit :
« Voilà, il s'est calmé. »
Mais l'absence de mouvement n'est pas systématiquement synonyme de détente.
C'est pour cette raison qu'il faut regarder le comportement dans son ensemble.
Erreur n°3 : penser « il doit s'habituer »
Cette phrase part souvent d'une bonne intention.
Votre chiot a peur d'un camion ?
« Il doit s'habituer aux camions. »
Il hésite avec les enfants ?
« Il faut qu'il s'habitue aux enfants. »
Il a peur des chiens ?
« Il faut le mettre avec des chiens pour qu'il s'habitue. »
Le raisonnement semble logique.
Mais il manque une étape essentielle :
dans quelles conditions va-t-il s'y habituer ?
Si un stimulus provoque déjà beaucoup de peur, le rendre plus intense ou plus proche n'est pas forcément le meilleur moyen de construire de la confiance.
Habituer ne signifie pas immerger
Prenons l'exemple d'un chiot inquiet lorsqu'un camion passe à proximité.
On peut décider de marcher directement au bord d'une grande route pendant trente minutes.
Ou commencer à une distance où le chiot peut entendre et observer quelques camions tout en continuant à explorer.
Dans les deux cas, il découvre des camions.
Mais dans le deuxième, nous avons adapté la difficulté.
Puis nous pouvons progressivement faire évoluer la situation.
Ce qui m'intéresse n'est donc pas seulement :
« Est-ce que mon chiot a été exposé ? »
Mais :
« Était-il encore capable d'apprendre quelque chose d'intéressant pendant cette exposition ? »
Erreur n°4 : forcer un chiot à affronter ce qui lui fait peur
Votre chiot refuse d'avancer.
Vous tirez légèrement sur la laisse.
Il recule devant quelqu'un.
La personne s'approche quand même.
Il refuse d'entrer quelque part.
On le porte jusque dedans.
Pourquoi fait-on cela ?
Souvent parce que nous voulons lui montrer :
« Regarde, il ne se passe rien. »
Mais le chiot ne raisonne pas nécessairement de cette manière.
Imaginez plutôt qu'il apprenne :
« Lorsque quelque chose m'inquiète, mes tentatives pour prendre de la distance ne fonctionnent pas. »
Ce n'est évidemment pas ce que nous cherchons.
Respecter la peur ne signifie pas renoncer
C'est une nuance fondamentale.
Si votre chiot a peur d'une voiture, je ne vous conseille pas nécessairement de supprimer toutes les voitures de son environnement pendant les six prochains mois.
On peut travailler.
Mais on peut travailler plus facilement.
Par exemple :
augmenter la distance ;
réduire la durée ;
choisir un endroit plus calme ;
permettre au chiot d'observer ;
le laisser repartir ;
renforcer certains comportements ;
proposer plusieurs expériences très simples.
Puis augmenter progressivement la difficulté.
Nous accompagnons la peur au lieu de combattre le chiot qui l'exprime.
Erreur n°5 : vouloir que tout le monde caresse son chiot
C'est presque devenu un rituel.
Vous avez un chiot.
Une personne demande :
« Je peux le caresser ? »
Et comme vous voulez qu'il soit sociable, vous répondez oui.
Puis la personne :
se penche au-dessus de lui ;
tend directement une main ;
le regarde ;
lui parle ;
le touche sur la tête.
Parfois, le chiot apprécie réellement.
Très bien.
Mais d'autres chiots tolèrent cette interaction sans forcément la rechercher.
Et certains essaient clairement de partir.
Un chiot peut apprendre à être à l'aise avec les humains sans être touché par tout le monde
C'est même un apprentissage particulièrement utile.
Votre chien adulte croisera probablement des centaines ou des milliers de personnes avec lesquelles il n'aura jamais besoin d'interagir.
La neutralité est donc également pertinente avec les humains.
Votre chiot peut :
voir quelqu'un ;
l'observer ;
éventuellement aller le sentir ;
puis repartir.
La rencontre est terminée.
Et c'est très bien.
Oser dire non aux humains
Vous êtes également le porte-parole de votre chiot.
Vous pouvez parfaitement dire :
« Il est un peu réservé, laisse-le venir s'il en a envie. »
Ou :
« On travaille justement le fait qu'il puisse observer les gens sans forcément dire bonjour. »
Refuser une caresse ne va pas transformer votre chiot en chien antisocial.
Erreur n°6 : faire rencontrer énormément de chiens à son chiot
C'est sans doute l'une des erreurs que j'aimerais le plus déconstruire.
On entend régulièrement :
« Plus il voit de chiens petit, plus il sera sociable adulte. »
Ce n'est pas aussi simple.
Toutes les rencontres ne se valent pas.
Un chiot peut rencontrer trente chiens différents mais vivre principalement :
des poursuites très intenses ;
des chiens qui lui foncent dessus ;
des interactions sans pause ;
des situations où il essaie de s'éloigner sans réussir ;
beaucoup d'excitation.
À l'inverse, quelques rencontres avec des chiens bien sélectionnés peuvent être extrêmement riches.
La qualité des interactions est plus intéressante que leur nombre
Je préfère réfléchir à des questions comme :
Le chien en face est-il adapté à ce chiot ?
Les deux individus semblent-ils vouloir interagir ?
Peuvent-ils faire des pauses ?
Le chiot peut-il s'éloigner ?
Est-ce toujours le même qui poursuit l'autre ?
Que se passe-t-il lorsqu'on interrompt quelques secondes ?
Les deux reviennent-ils volontairement ?
Ces informations me semblent beaucoup plus utiles que de compter les chiens rencontrés.
Un article entier sera consacré à cette question : Faut-il faire rencontrer beaucoup de chiens à son chiot ?
Erreur n°7 : oublier d'apprendre la neutralité face aux chiens
C'est directement lié au point précédent.
Imaginons qu'entre deux et six mois, chaque fois que votre chiot voit un chien, il ait le droit d'aller jouer.
Il peut apprendre une règle extrêmement simple :
chien visible = interaction.
Puis il grandit.
Il devient plus puissant.
À huit mois, il aperçoit un chien de l'autre côté de la rue.
Vous voulez continuer votre chemin.
Mais lui ne comprend pas.
Pendant plusieurs mois, les chiens ont été synonymes de rencontre.
Alors il :
tire ;
s'excite ;
vocalise ;
saute ;
refuse de repartir.
Ce comportement n'est pas nécessairement lié à de l'agressivité.
Il peut simplement résulter d'une attente extrêmement forte.
Voir un chien sans le rencontrer est aussi une expérience sociale
Votre chiot aperçoit un congénère.
Il l'observe quelques secondes.
Puis il repart renifler.
Vous continuez votre chemin.
Rien de spectaculaire ne vient de se produire.
Et pourtant, vous êtes peut-être en train de construire une compétence extrêmement précieuse pour les dix prochaines années.
Je cherche donc généralement un équilibre entre :
des interactions sociales de qualité
et
beaucoup de situations où les chiens peuvent simplement exister dans l'environnement.
Erreur n°8 : croire que le parc à chiens est indispensable
Le parc à chiens semble être l'endroit parfait pour socialiser.
Il y a des chiens.
Votre chiot doit rencontrer des chiens.
Donc : parc à chiens.
Le problème est que vous contrôlez souvent très peu ce qui va s'y produire.
Vous ne choisissez pas :
le nombre de chiens ;
leurs tempéraments ;
leur niveau d'excitation ;
leurs compétences sociales ;
leurs expériences précédentes ;
la manière dont leurs humains vont intervenir.
Votre chiot peut donc se retrouver avec plusieurs chiens qui viennent simultanément le renifler ou jouer avec lui.
Certains chiots vont adorer.
D'autres vont être complètement dépassés.
Je préfère généralement organiser les premières rencontres
Un chien connu.
Un environnement suffisamment spacieux.
Une rencontre progressive.
La possibilité de marcher ensemble.
Des pauses.
Des humains attentifs.
Cela me permet de contrôler beaucoup plus de paramètres.
Cela ne veut pas dire qu'un parc à chiens est toujours catastrophique.
Mais ce n'est absolument pas une étape obligatoire de la socialisation.
Nous consacrerons un article complet à ce sujet : Parc à chiens et chiot : bonne ou mauvaise idée ?
Erreur n°9 : confondre excitation et bien-être
Votre chiot voit un chien.
Il tire comme un fou.
Il saute.
Il vocalise.
Puis lorsque vous le détachez, il court partout pendant vingt minutes.
Conclusion fréquente :
« Il adore les chiens ! »
Peut-être.
Mais l'excitation seule ne permet pas de conclure qu'une situation est parfaitement vécue.
Un chien peut être très excité par une situation qu'il gère pourtant difficilement.
La question intéressante est donc de regarder également :
peut-il redescendre ?
peut-il faire une pause ?
peut-il quitter l'interaction ?
peut-il entendre son humain ?
peut-il explorer autre chose ?
comment est-il après la rencontre ?
Être très haut émotionnellement n'est pas toujours un objectif
Nous avons parfois tendance à chercher des expériences extraordinaires pour nos chiens.
Mais un chien adulte devra surtout savoir fonctionner dans un quotidien majoritairement banal.
Marcher.
Sentir.
Observer.
Attendre.
Croiser.
Repartir.
Se poser.
Il est donc intéressant que le chiot apprenne également à vivre des situations sans atteindre systématiquement un niveau d'excitation maximal.
Erreur n°10 : utiliser la nourriture pour attirer le chiot trop près
La nourriture est un outil que j'utilise énormément.
Mais comme tous les outils, elle peut être mal utilisée.
Imaginez un chiot inquiet face à une personne.
Cette personne tient une friandise dans sa main.
Le chiot adore manger.
Il avance doucement.
Encore un peu.
Encore.
Il mange.
Puis se retrouve soudainement très proche d'une personne qu'il n'osait pas approcher naturellement.
Et repart immédiatement.
Que s'est-il passé ?
La nourriture a réussi à faire déplacer le chiot.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que son émotion avait évolué au même rythme.
La récompense ne devrait pas devenir un piège
On peut parfaitement utiliser de la nourriture tout en permettant au chiot de conserver une distance confortable.
Par exemple, vous pouvez récompenser depuis votre position.
Ou lancer une friandise au sol.
Parfois même légèrement derrière le chiot.
Il découvre alors quelque chose de très intéressant :
il peut regarder ce qui l'inquiète, obtenir quelque chose d'agréable et conserver sa possibilité de repartir.
Erreur n°11 : ne pas laisser le chiot s'éloigner
Lorsque nous voulons socialiser, nous pensons énormément à l'approche.
Se rapprocher du chien.
Se rapprocher de la personne.
Se rapprocher du bruit.
Se rapprocher de l'objet.
Mais une compétence essentielle est souvent oubliée :
savoir repartir.
Votre chiot s'approche d'un objet.
Puis recule.
Ce n'est pas un échec.
Il prend simplement des informations.
Il peut ensuite revenir.
Puis repartir à nouveau.
Ce mouvement d'exploration peut être extrêmement intéressant.
Une expérience ne doit pas obligatoirement finir au contact
Votre chiot peut observer un chien pendant trente secondes puis choisir de repartir.
Très bien.
Il peut sentir une personne puis revenir vers vous.
Très bien.
Il peut regarder une poussette sans jamais l'approcher.
Très bien.
Le contact n'est pas la preuve ultime qu'une socialisation est réussie.
Erreur n°12 : choisir un environnement beaucoup trop difficile
Lorsque nous apprenons quelque chose à un chien, nous comprenons généralement assez facilement qu'il faut progresser.
On ne commence pas le rappel au milieu de vingt chiens.
On commence dans un endroit simple.
Pourtant, lorsqu'il s'agit de socialisation, nous oublions parfois cette logique.
Un chiot qui n'est pas encore très à l'aise avec la circulation n'a peut-être pas besoin de commencer par le centre-ville un samedi après-midi.
On peut créer des niveaux.
Exemple : découverte de la ville
Étape 1
Rue calme avec quelques voitures.
Étape 2
Rue légèrement plus active.
Étape 3
Observation d'un carrefour depuis une certaine distance.
Étape 4
Petite promenade dans une zone plus fréquentée.
Étape 5
Découverte courte d'un environnement réellement animé.
Toutes ces étapes pourront parfois être parcourues extrêmement rapidement.
Ou beaucoup plus lentement.
Le rythme dépend du chiot.
Pour les propriétaires de la métropole lilloise, j'aborde justement le choix des environnements dans Comment bien socialiser son chiot à Lille ?
Vous pouvez également consulter Où promener son chien à Lille ? Mes conseils selon le profil de ton chien afin de choisir les lieux en fonction du tempérament de votre animal.
Erreur n°13 : ne jamais laisser son chiot observer
Nous avons tendance à vouloir toujours faire quelque chose.
Le chien apparaît :
« Regarde-moi ! »
Un vélo passe :
friandise.
Quelqu'un arrive :
on appelle le chiot.
Un bruit apparaît :
on détourne immédiatement son attention.
Tous ces outils peuvent être utiles.
Mais parfois, le chiot peut simplement avoir besoin de…
regarder.
Observer fait partie de l'apprentissage.
Votre chiot voit une trottinette.
Il la regarde passer.
Puis quelques secondes plus tard, il recommence à renifler.
Parfait.
Il vient probablement de traiter l'information sans que vous ayez eu besoin d'intervenir énormément.
L'objectif n'est pas que votre chiot ignore le monde
Nous voulons plutôt qu'il puisse le percevoir sans être constamment débordé par ce qu'il voit.
Laissez-lui donc parfois le temps de regarder avant de décider qu'il faut absolument intervenir.
Erreur n°14 : sous-estimer l'importance de l'olfaction
Pour nous, découvrir un lieu signifie souvent marcher dedans.
Pour un chien, découvrir un endroit passe énormément par son nez.
Votre chiot peut passer cinq minutes sur cinquante mètres.
Et avoir pourtant vécu une promenade extrêmement riche.
Il sent :
les animaux passés avant lui ;
les humains ;
les chiens ;
l'environnement ;
des odeurs transportées par le vent ;
énormément d'informations auxquelles nous n'avons pas accès.
Laissez donc une vraie place à l'exploration.
Votre promenade de socialisation n'a pas besoin de devenir une séance permanente de marche au pied.
Erreur n°15 : oublier le sommeil et la récupération
C'est à mes yeux une erreur majeure.
Vous pouvez proposer de très bonnes expériences individuellement…
mais en proposer beaucoup trop.
Le chiot rentre d'une promenade.
Une heure plus tard, des amis arrivent.
Puis séance de jeu.
Puis rencontre avec un chien.
Puis nouvelle sortie le soir.
Et à 21 heures :
il court partout ;
il mordille ;
il saute ;
il ne parvient plus à se poser.
On pense :
« Il a encore énormément d'énergie. »
Alors on rejoue avec lui.
Mais il est peut-être simplement épuisé.
Un chiot fatigué peut sembler encore plus excité
C'est particulièrement trompeur.
Le sommeil et les temps où il ne se passe rien font pleinement partie du développement du chiot.
Une bonne socialisation doit donc inclure des phases de récupération.
Votre programme ne devrait pas seulement contenir :
qu'est-ce que je lui fais découvrir aujourd'hui ?
Mais également :
quand pourra-t-il réellement dormir et récupérer ?
Ce sujet sera développé dans deux articles dédiés :
Combien doit dormir un chiot ?
et
Mon chiot est surexcité le soir : pourquoi ?
Erreur n°16 : comparer son chiot aux autres
Vous rencontrez un autre chiot du même âge.
Il fonce vers tout le monde.
Le vôtre hésite.
Vous vous dites :
« Il faut absolument que je travaille plus la socialisation. »
Peut-être.
Mais peut-être aussi que vous avez simplement deux individus différents.
Le tempérament joue énormément.
Certains chiots sont :
très explorateurs ;
rapidement à l'aise ;
extrêmement sociaux.
D'autres :
observent davantage ;
prennent plus de temps ;
sont plus sensibles à la nouveauté.
Notre objectif ne devrait pas nécessairement être de transformer le deuxième en copie du premier.
Adapter plutôt que normaliser
La question n'est pas :
« Est-ce qu'il se comporte comme les autres chiots ? »
Mais plutôt :
« Est-ce qu'il progresse et arrive progressivement à fonctionner dans les situations importantes pour sa future vie ? »
C'est très différent.
Erreur n°17 : punir les signaux d'inconfort
Votre chiot grogne lorsqu'une personne approche.
Ou lorsqu'un autre chien devient trop insistant.
Notre premier réflexe peut être :
« Non ! »
Parce que nous ne voulons évidemment pas d'un chien qui grogne.
Mais le grognement est avant tout une information.
Il nous dit :
quelque chose dans cette situation pose problème.
Cela ne signifie pas qu'il faut ignorer le comportement.
Au contraire.
Il faut chercher à comprendre :
pourquoi apparaît-il ?
à quelle distance ?
avec quel type de stimulus ?
après combien de temps ?
quels autres signaux étaient présents avant ?
Punir uniquement la communication sans modifier ce qui provoque l'inconfort risque de nous faire perdre une information précieuse.
Je préfère donc travailler sur la raison du comportement, puis apprendre au chien d'autres stratégies lorsqu'elles sont nécessaires.
Erreur n°18 : attendre que la peur disparaisse toute seule
Tous les petits moments d'hésitation ne nécessitent évidemment pas un suivi professionnel.
Un chiot peut sursauter devant quelque chose puis être parfaitement à l'aise cinq minutes plus tard.
Mais certaines situations méritent davantage d'attention.
Par exemple si votre chiot :
présente de nombreuses peurs ;
refuse très régulièrement d'avancer dehors ;
récupère très lentement après certaines expériences ;
panique avec les chiens ;
panique avec les humains ;
évite énormément de situations ;
présente une évolution négative malgré un travail progressif.
Dans ce cas, il peut être intéressant d'agir tôt.
Un avis vétérinaire peut également être indiqué lorsqu'un comportement semble particulièrement intense, apparaît brutalement ou lorsque l'on souhaite écarter une problématique médicale.
L'idée n'est pas de coller une étiquette à un très jeune chien.
Il s'agit simplement d'éviter de multiplier pendant plusieurs mois des expériences mal adaptées en espérant que le problème disparaisse.
Finalement, à quoi ressemble une bonne socialisation ?
Après toutes ces erreurs, il pourrait être tentant de devenir tellement prudent que l'on n'ose plus rien proposer au chiot.
Ce n'est évidemment pas l'objectif.
Un chiot a besoin de découvrir le monde.
Mais j'aime réfléchir avec quelques principes simples.
Présenter progressivement de la nouveauté
Humains, chiens, environnements, objets, sons, surfaces, véhicules…
Observer les réactions du chiot
Pas uniquement ce que nous avions prévu dans notre programme.
Adapter la difficulté
Distance, durée, nombre de stimuli, environnement…
Laisser de la place à l'exploration
Notamment grâce à l'olfaction.
Sélectionner les interactions
Votre chiot n'a pas besoin d'interagir avec tout ce qu'il rencontre.
Construire de la neutralité
Certaines choses peuvent simplement exister autour de lui.
Permettre de prendre de la distance
Partir fait parfois partie de l'apprentissage.
Préserver le sommeil
Une journée calme peut être aussi utile qu'une journée remplie de découvertes.
Progresser au rythme du chiot
Pas au rythme d'une checklist trouvée sur Internet.
Une question simple à vous poser après chaque expérience
Plutôt que de vous demander :
« Qu'est-ce que mon chiot a découvert aujourd'hui ? »
essayez parfois de vous demander :
« Qu'est-ce que mon chiot a probablement appris de ce qu'il a vécu aujourd'hui ? »
La nuance est énorme.
Il a rencontré un chien.
Mais a-t-il appris :
« Les chiens sont intéressants et je peux communiquer avec eux »
ou :
« Lorsqu'un chien arrive, je ne peux jamais lui échapper » ?
Il a rencontré un enfant.
A-t-il appris :
« Les enfants peuvent être présents et je reste en sécurité »
ou :
« Quand un enfant apparaît, il vient forcément me toucher » ?
Il a découvert la ville.
A-t-il appris :
« Je peux observer, sentir et prendre progressivement mes repères »
ou :
« Lorsque j'ai peur, je dois quand même continuer d'avancer » ?
C'est probablement l'une des meilleures manières de réfléchir à la socialisation.
Les erreurs de socialisation sont-elles irréversibles ?
Non.
Et c'est important de le préciser.
Vous avez emmené une fois votre chiot dans un endroit beaucoup trop fréquenté ?
Cela ne signifie pas que vous avez détruit sa socialisation.
Une rencontre avec un chien s'est mal passée ?
Cela ne condamne pas ses futures relations avec les congénères.
Vous avez voulu le rassurer maladroitement dans une situation ?
Ce n'est pas dramatique.
L'objectif n'est pas de créer de la culpabilité chez les propriétaires.
Personne ne contrôle parfaitement toutes les expériences de son chien.
Ce qui compte est surtout de regarder comment les choses évoluent et d'adapter la suite lorsque l'on réalise qu'une situation était trop difficile.
Vous pouvez revenir à une version plus simple.
Augmenter la distance.
Choisir un autre chien.
Réduire la durée.
Laisser davantage de repos.
Puis reconstruire progressivement de bonnes expériences.
Bien socialiser son chiot, ce n'est pas fabriquer un chien qui aime tout
C'est peut-être la dernière erreur importante à éviter.
L'objectif n'est pas nécessairement d'obtenir un chien adulte qui :
adore tous les humains ;
joue avec tous les chiens ;
souhaite aller partout ;
ne ressent jamais de peur ;
ne communique jamais d'inconfort.
Ce chien idéal n'existe pas.
Un chien est un individu.
Il aura ses préférences.
Ses sensibilités.
Ses affinités.
Ses expériences.
Je préfère viser quelque chose de beaucoup plus réaliste :
un chien capable de comprendre son environnement, d'y évoluer progressivement, de communiquer lorsqu'une situation devient difficile et de disposer de suffisamment de compétences pour s'adapter au quotidien qui sera le sien.
La bonne socialisation ne cherche donc pas à effacer la personnalité du chiot.
Elle cherche à lui donner les meilleures bases possibles pour évoluer avec elle.
Besoin d'aide pour organiser la socialisation de votre chiot ?
Il peut être difficile de savoir où placer le curseur.
Est-ce que cette situation est trop difficile ?
Faut-il se rapprocher ou s'éloigner ?
Quels chiens choisir ?
Combien de rencontres proposer ?
Que faire si votre chiot commence à avoir peur ?
C'est justement l'intérêt d'un accompagnement individualisé : regarder le chiot devant nous plutôt qu'appliquer une recette identique à tout le monde.
Je propose un forfait chiot permettant d'accompagner les propriétaires pendant cette période et de travailler notamment la socialisation, les rencontres avec les autres chiens, les promenades, le calme, le rappel, la solitude ou encore la marche en laisse.
L'objectif est avant tout de vous aider à mieux comprendre votre chiot et à construire des expériences adaptées à son tempérament et à votre quotidien.
→ Découvrir le forfait chiot
FAQ sur les erreurs de socialisation du chiot
Peut-on trop socialiser un chiot ?
On peut surtout trop stimuler un chiot ou lui proposer trop d'expériences difficiles sans lui laisser suffisamment de récupération.
La socialisation ne doit donc pas devenir un emploi du temps rempli de nouveautés. Le sommeil et les journées plus calmes ont également leur importance.
Faut-il faire rencontrer un maximum de chiens à son chiot ?
Non.
Il n'existe pas de nombre idéal de chiens à rencontrer. Il est préférable de privilégier des interactions intéressantes avec des chiens adaptés tout en apprenant également au chiot à voir des congénères sans systématiquement aller les rencontrer.
Est-ce grave si mon chiot a eu une mauvaise expérience avec un chien ?
Une expérience négative isolée ne signifie pas automatiquement qu'un problème durable va apparaître.
Observez votre chiot après l'événement et, si nécessaire, reproposez progressivement des expériences plus simples et mieux contrôlées.
Mon chiot a peur : faut-il continuer à l'exposer ?
Cela dépend surtout de ce que l'on appelle « exposer ».
Il peut être intéressant de continuer à travailler autour du stimulus, mais en réduisant suffisamment la difficulté : davantage de distance, moins de durée ou un environnement plus calme.
Forcer le chiot à rester très proche de quelque chose qui lui fait peur n'est pas nécessaire.
Faut-il laisser les inconnus caresser son chiot ?
Non.
Votre chiot n'a aucune obligation d'être caressé par toutes les personnes qu'il rencontre.
Il peut apprendre à vivre sereinement avec les humains tout en ayant de nombreuses interactions neutres.
Comment savoir si une socialisation se passe bien ?
Regardez notamment si votre chiot arrive à explorer, observer, prendre des informations, s'éloigner lorsque c'est nécessaire et récupérer après l'expérience.
Aucun comportement isolé ne suffit à interpréter parfaitement son émotion : il faut regarder l'ensemble de la situation.
Le parc à chiens est-il nécessaire pour socialiser un chiot ?
Non.
Un chiot peut parfaitement développer de bonnes compétences sociales sans jamais fréquenter un parc à chiens.
Des rencontres sélectionnées avec des chiens adaptés permettent souvent de mieux contrôler les premières expériences.
Faut-il emmener son chiot partout ?
Non.
Il est surtout pertinent de lui faire découvrir progressivement les environnements qui feront réellement partie de son quotidien.
L'intensité et la fréquence doivent être adaptées à son tempérament et à sa capacité de récupération.
