Éducation du chiot : le guide complet pour bien démarrer

Socialisation, sommeil, mordillements, solitude, rappel, laisse… Découvrez les bases essentielles pour bien éduquer votre chiot dès son arrivée.

CHIOT & SOCIALISATION

8/23/202622 min read

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Le guide complet de l'éducation du chiot : les bases pour bien démarrer

Accueillir un chiot est souvent un moment que l'on attend avec impatience. On imagine les premières promenades, les séances de jeu, les apprentissages, les câlins… puis le chiot arrive réellement à la maison

Et avec lui arrivent aussi beaucoup de questions.

Pourquoi mord-il autant ? Faut-il déjà lui apprendre à s'asseoir ? Peut-il rencontrer d'autres chiens ? Combien de temps doit-il se promener ? Pourquoi devient-il complètement surexcité le soir ? Faut-il l'emmener partout pour qu'il s'habitue ? Quand commencer à lui apprendre à rester seul ? Comment faire pour qu'il revienne quand on l'appelle ?

Quand on accueille un chiot, il est très facile de vouloir tout faire, tout de suite.

Pourtant, bien éduquer un chiot ne consiste pas à remplir une liste d'ordres qu'il devrait connaître avant ses six mois.

Les premières semaines servent surtout à construire quelque chose de beaucoup plus important : un chiot qui se sent suffisamment en sécurité pour découvrir son environnement, apprendre, communiquer avec nous et développer progressivement les compétences dont il aura besoin à l'âge adulte.

L'objectif de ce guide est donc de faire le point sur les grandes bases de l'éducation du chiot : socialisation, sommeil, promenades, rencontres avec les autres chiens, solitude, rappel, marche en laisse, mordillements ou encore apprentissage du calme.

Chaque chiot étant différent, il n'existe évidemment pas de programme universel. Un chiot très curieux et entreprenant n'aura pas les mêmes besoins qu'un chiot qui observe longtemps avant d'oser explorer.

Et c'est justement l'une des choses les plus importantes à retenir dès le départ.

Éduquer un chiot, ce n'est pas chercher à obtenir un chien parfaitement obéissant

Quand on parle d'éducation du chiot, on pense souvent immédiatement aux exercices :

  • assis ;

  • couché ;

  • pas bouger ;

  • marche au pied ;

  • rappel.

Ces apprentissages peuvent être utiles.

Mais ils sont loin d'être les seuls et, surtout, ils ne sont pas forcément les plus importants pendant les premières semaines.

Personnellement, je préfère largement voir un chiot capable :

  • d'explorer tranquillement un nouvel endroit ;

  • de récupérer après une expérience intense ;

  • d'observer un autre chien sans obligatoirement courir le voir ;

  • de communiquer lorsqu'une situation le met mal à l'aise ;

  • de rester quelques instants seul sans paniquer ;

  • de suivre naturellement son humain ;

  • de revenir spontanément vers lui ;

  • de manipuler différents objets et textures ;

  • de savoir se poser ;

  • d'avoir confiance en son environnement.

… plutôt qu'un chiot de trois mois capable d'exécuter parfaitement dix ordres mais complètement dépassé par son quotidien.

L'éducation du chiot commence donc par ses émotions

Un chiot apprend beaucoup mieux lorsqu'il se sent suffisamment en sécurité.

Cela ne signifie pas qu'il ne doit jamais rencontrer de difficulté ou de frustration. La vie quotidienne en comporte forcément.

En revanche, notre rôle consiste à lui proposer des expériences progressives et adaptées à ce qu'il est capable de gérer à l'instant présent.

On cherchera donc régulièrement à se poser trois questions :

Comment mon chiot vit-il cette situation ?

Est-il encore capable d'observer, d'explorer et d'apprendre ?

Est-ce que je peux rendre l'expérience plus facile si nécessaire ?

Cette manière de réfléchir change énormément la façon dont on accompagne un chiot.

Les premières semaines avec un chiot : ne cherchez pas à tout faire immédiatement

L'arrivée dans une nouvelle maison est déjà une expérience énorme pour un chiot.

Il vient généralement de quitter son lieu de naissance, sa mère, sa fratrie et tout un environnement familier.

Il découvre soudainement :

  • une nouvelle habitation ;

  • de nouvelles personnes ;

  • de nouvelles odeurs ;

  • de nouveaux bruits ;

  • de nouvelles habitudes ;

  • éventuellement d'autres animaux ;

  • de nouveaux endroits pour dormir ;

  • de nouvelles règles de vie.

On comprend alors pourquoi remplir ses premiers jours de visites, de promenades en ville, de rencontres avec quinze chiens et de séances d'éducation n'est pas forcément nécessaire.

Les premiers jours doivent aussi permettre au chiot d'atterrir

Il peut être intéressant de commencer simplement.

Laissez votre chiot explorer son nouvel environnement à son rythme.

Montrez-lui où se trouvent ses ressources : eau, nourriture, couchage, accès vers l'extérieur…

Proposez-lui des moments avec vous, mais également des moments où personne ne lui demande rien.

Commencez à observer :

  • ce qui l'intéresse ;

  • ce qui l'inquiète ;

  • la façon dont il récupère après une activité ;

  • son besoin de proximité ;

  • sa capacité à rester seul quelques secondes ;

  • les situations dans lesquelles il commence à s'exciter ;

  • les endroits dans lesquels il semble particulièrement à l'aise.

Vous allez progressivement apprendre à connaître votre chiot, et pas uniquement appliquer des conseils destinés à “un chiot” en général.

Article à venir : Premiers jours avec un chiot : que faut-il vraiment faire ?

Avant de parler d'éducation, répondre aux besoins du chiot

Un comportement n'apparaît jamais dans le vide.

Lorsqu'un chiot mordille énormément, court partout, saute sur les meubles, tire sur sa laisse ou ne parvient plus à écouter, notre premier réflexe devrait être d'essayer de comprendre ce qui se passe avant de chercher à supprimer le comportement.

Un chiot peut par exemple être :

  • fatigué ;

  • frustré ;

  • très excité ;

  • en manque d'exploration ;

  • inquiet ;

  • en difficulté dans son environnement ;

  • stimulé depuis trop longtemps ;

  • à la recherche d'une interaction ;

  • en train d'explorer simplement avec sa gueule.

Cette lecture permet parfois de résoudre une difficulté sans multiplier les exercices d'obéissance.

Activité physique, activité mentale et exploration

Un chiot a évidemment besoin de bouger.

Mais activité ne veut pas forcément dire courir derrière une balle pendant une heure.

Explorer tranquillement un environnement, renifler, chercher quelques friandises dans l'herbe, manipuler un objet, marcher sur différentes surfaces ou découvrir quelques mètres d'un nouvel endroit sont également des activités extrêmement intéressantes.

L'olfaction occupe une place particulièrement importante.

Une promenade pendant laquelle votre chiot avance doucement en sentant énormément de choses peut parfois être beaucoup plus riche qu'une promenade effectuée rapidement dans le seul objectif de parcourir une certaine distance.

Il faut donc éviter de réfléchir uniquement en kilomètres ou en minutes.

La fameuse règle selon laquelle un chiot pourrait se promener exactement cinq minutes par mois d'âge est d'ailleurs très largement diffusée alors qu'elle ne repose pas sur une base scientifique suffisamment solide pour devenir une règle universelle. Il est beaucoup plus pertinent d'observer le type d'activité, son intensité, le terrain, le gabarit du chiot, son état de fatigue et sa capacité de récupération.

Article à venir : Combien de temps promener un chiot ?

Le sommeil du chiot : une base souvent sous-estimée

C'est probablement l'un des sujets que j'aimerais voir davantage abordé lorsque l'on parle d'éducation du chiot.

Un chiot a énormément besoin de repos.

Grandir, apprendre, jouer, découvrir de nouvelles odeurs, rencontrer des humains, observer des chiens, entendre les bruits de la ville… tout cela demande de l'énergie.

Le problème est qu'un chiot fatigué ne va pas toujours simplement aller se coucher gentiment dans son panier.

Il peut au contraire devenir :

  • très excité ;

  • incapable de se poser ;

  • particulièrement mordilleur ;

  • beaucoup plus sensible à la frustration ;

  • agité ;

  • moins disponible pour apprendre.

C'est notamment pour cette raison que certaines familles constatent un véritable “quart d'heure de folie” le soir.

Il faut parfois aider un chiot à ne rien faire

Nous avons tendance à vouloir énormément occuper les chiots.

Une promenade.

Un tapis de léchage.

Une séance d'éducation.

Un jouet.

Une rencontre avec un chien.

Une activité de mastication.

Puis encore une activité parce qu'il semble excité.

À force de vouloir fatiguer un chiot pour obtenir du calme, on peut parfois entretenir exactement l'inverse : un chiot constamment stimulé qui apprend difficilement à redescendre.

Les moments sans activité font donc eux aussi partie de son apprentissage.

Aménagez-lui un espace confortable et suffisamment calme dans lequel il peut réellement dormir sans être sollicité en permanence.

Et si vous avez des enfants, il faudra parfois protéger activement ces moments de repos.

Articles à venir :

  • Combien doit dormir un chiot ?

  • Mon chiot est surexcité le soir : pourquoi ?

  • Comment apprendre le calme à son chiot ?

La socialisation du chiot : probablement l'un des sujets les plus importants

La socialisation fait souvent partie des principales préoccupations des nouveaux propriétaires.

Et c'est une bonne chose : les premiers mois représentent une période très importante dans le développement comportemental du chien. Les expériences vécues pendant cette période peuvent influencer durablement sa manière d'appréhender son environnement.

Mais le mot socialisation est aussi à l'origine de nombreux malentendus.

Socialiser un chiot ne veut pas simplement dire :

“Lui montrer le maximum de choses avant qu'il grandisse.”

Encore moins :

“Le mettre en contact avec tout jusqu'à ce qu'il s'habitue.”

Une bonne socialisation est une socialisation de qualité

Votre chiot peut progressivement découvrir :

  • différents profils d'humains ;

  • des chiens ;

  • d'autres espèces ;

  • des véhicules ;

  • des bruits ;

  • différents sols ;

  • la ville ;

  • la campagne ;

  • la voiture ;

  • les transports ;

  • des objets inhabituels ;

  • différentes manipulations ;

  • différents lieux.

Mais l'objectif n'est pas de cocher le plus rapidement possible toutes les cases d'une checklist.

Il faut regarder comment le chiot vit chaque expérience.

Un chiot qui observe tranquillement un bus depuis une distance confortable peut vivre une expérience bien plus intéressante qu'un chiot placé au bord d'une avenue très fréquentée pendant vingt minutes alors qu'il cherche constamment à fuir.

Les recommandations comportementales vont justement dans le sens d'expositions progressives tenant compte du tempérament et des réactions individuelles du chiot plutôt que de la simple exposition.

Être exposé à quelque chose ne signifie pas forcément apprendre à l'apprécier

Si votre chiot est effrayé et qu'il ne dispose d'aucune possibilité de s'éloigner, multiplier les expositions peut parfois renforcer son inquiétude au lieu de la faire disparaître.

C'est pour cette raison que je préfère chercher :

moins d'expériences, mais de meilleures expériences.

Articles à venir :

  • Comment socialiser correctement son chiot ?

  • Les erreurs les plus fréquentes dans la socialisation du chiot

  • Faut-il emmener son chiot partout pour bien le socialiser ?

Pour les propriétaires de la métropole lilloise, j'ai également consacré un article spécifique à ce sujet : Comment bien socialiser son chiot à Lille ?

Faut-il attendre tous les vaccins avant de socialiser son chiot ?

C'est une question très fréquente et elle mérite d'être discutée avec votre vétérinaire en fonction de la situation sanitaire locale et du protocole vaccinal de votre chiot.

Il faut effectivement prendre au sérieux le risque infectieux.

Mais il faut également prendre au sérieux le développement comportemental du chiot.

Cela ne signifie donc pas nécessairement enfermer complètement le chiot à la maison jusqu'à la fin de son protocole vaccinal.

Il existe de nombreuses façons de lui faire découvrir progressivement le monde tout en limitant les risques : environnements choisis, chiens connus en bonne santé et correctement suivis, observation depuis les bras ou depuis un endroit sécurisé, voiture, jardin privé, surfaces adaptées…

À l'inverse, les lieux très fréquentés par des chiens dont on ne connaît ni l'état sanitaire ni le statut vaccinal méritent davantage de prudence. L'AVSAB recommande notamment d'éviter pour les jeunes chiots les zones comme certains parcs canins très fréquentés et difficilement contrôlables sur le plan sanitaire.

Votre vétérinaire reste votre interlocuteur privilégié pour adapter ces précautions au risque sanitaire réel de votre secteur.

Un chiot n'a pas besoin de dire bonjour à tous les chiens

C'est probablement l'une des idées auxquelles je tiens le plus.

Pour avoir un chien sociable à l'âge adulte, il n'est absolument pas nécessaire qu'il interagisse avec tous les chiens qu'il rencontre pendant son enfance.

Un bon apprentissage social comprend évidemment de vraies rencontres.

Mais il comprend aussi quelque chose d'extrêmement précieux :

la neutralité.

Votre chiot peut voir un autre chien…

… sans jouer avec lui.

Il peut le croiser dans la rue…

… sans tirer dans sa direction.

Il peut observer deux chiens au loin…

… puis repartir avec vous.

Toutes ces expériences lui apprennent que la présence d'un congénère ne signifie pas systématiquement excitation et interaction.

Toutes les rencontres ne se valent pas

Une rencontre avec un chien adulte équilibré, capable de communiquer clairement et d'adapter son comportement peut être extrêmement intéressante.

À l'inverse, accumuler les rencontres désorganisées avec des chiens surexcités n'est pas nécessairement bénéfique.

La question n'est donc pas seulement :

“Combien de chiens mon chiot rencontre-t-il ?”

mais plutôt :

“Qu'est-ce qu'il apprend pendant ces rencontres ?”

C'est un changement de perspective très important.

Articles à venir :

  • Faut-il faire rencontrer beaucoup de chiens à son chiot ?

  • Comment choisir les chiens que son chiot va rencontrer ?

  • Parc à chiens et chiot : bonne ou mauvaise idée ?

Que faire si mon chiot a peur ?

Certains chiots arrivent dans leur nouvelle famille extrêmement curieux.

D'autres sont beaucoup plus prudents.

Ils peuvent avoir peur :

  • des humains ;

  • des enfants ;

  • des chiens ;

  • des voitures ;

  • de certains bruits ;

  • d'un environnement urbain ;

  • de surfaces inhabituelles ;

  • d'objets nouveaux.

Votre première mission n'est pas forcément de faire disparaître cette peur immédiatement.

Commencez par l'écouter.

Ne pas forcer ne signifie pas ne rien faire

Si votre chiot refuse d'approcher une personne, ce n'est généralement pas en demandant à cette personne de le caresser malgré tout que vous allez lui donner davantage confiance.

On peut au contraire :

  • augmenter la distance ;

  • lui permettre d'observer ;

  • lui laisser une possibilité de retrait ;

  • utiliser de la nourriture lorsqu'il est capable de manger ;

  • associer progressivement la situation à quelque chose d'agréable ;

  • arrêter l'expérience avant qu'elle ne devienne trop difficile.

Puis recommencer dans des conditions légèrement plus simples.

L'objectif est d'aider le chiot à prendre confiance progressivement, pas de lui démontrer qu'il n'a pas le choix.

Si les peurs sont nombreuses, très intenses, apparaissent brutalement ou empêchent votre chiot de fonctionner normalement, mieux vaut demander rapidement conseil à votre vétérinaire et, lorsque cela est pertinent, à un professionnel du comportement.

Plus une difficulté est accompagnée tôt, plus il est généralement facile d'éviter qu'elle s'installe dans le quotidien.

Articles à venir :

  • Mon chiot a peur des autres chiens : que faire ?

  • Mon chiot a peur des humains : comment l'aider ?

Et si ces difficultés concernent particulièrement les promenades en milieu urbain dans la métropole, l'article Chien réactif à Lille : comment gérer les promenades et les croisements ? permettra ensuite d'approfondir la gestion de l'environnement.

Les promenades du chiot doivent servir à découvrir le monde

Les premières promenades sont souvent abordées comme un exercice de marche.

On voudrait que le chiot avance droit, reste près de nous, ne s'arrête pas, ne ramasse rien et ne tire pas.

Pourtant, lorsqu'il découvre l'extérieur, il est en train de traiter une quantité phénoménale d'informations.

Une simple rue contient :

  • des odeurs ;

  • des mouvements ;

  • des personnes ;

  • des voitures ;

  • des chiens ;

  • des bruits ;

  • des surfaces ;

  • du vent ;

  • des objets inconnus.

Laissez-lui du temps.

Une promenade de chiot peut être lente

Votre chiot s'arrête pendant trente secondes pour sentir une touffe d'herbe ?

Ce n'est pas nécessairement du temps perdu.

Il observe quelque chose ?

Laissez-le parfois regarder.

Il préfère faire demi-tour devant un environnement particulièrement impressionnant ?

Il est peut-être simplement en train de vous communiquer que cette situation est encore trop difficile aujourd'hui.

La promenade n'a pas besoin d'être une succession d'ordres.

Elle peut devenir un formidable terrain d'apprentissage naturel.

Articles à venir :

  • Combien de temps promener un chiot ?

  • Mon chiot refuse d'avancer en promenade : faut-il le forcer ?

Si vous êtes à Lille, vous pouvez également consulter Où promener son chien à Lille ? Mes conseils selon le profil de ton chien, qui permet justement de réfléchir au choix de l'environnement plutôt que de considérer toutes les promenades comme équivalentes.

Apprendre la marche en laisse à un chiot

Un chiot ne naît évidemment pas en sachant marcher attaché à un humain.

Et si l'on y réfléchit, la marche en laisse est même un exercice assez artificiel.

Nous demandons à un animal qui explore naturellement son environnement avec son nez de :

  • suivre notre trajectoire ;

  • avancer à notre vitesse ;

  • gérer une contrainte physique ;

  • parfois ignorer énormément de stimulations.

Il est donc normal que l'apprentissage prenne du temps.

Commencez dans des situations faciles

Avant d'attendre une laisse parfaitement détendue au milieu d'un marché, commencez dans un endroit calme.

Récompensez les comportements que vous souhaitez voir se reproduire :

  • votre chiot revient naturellement vers vous ;

  • il vous regarde ;

  • il marche quelques mètres dans votre direction ;

  • il ralentit ;

  • il choisit de vous suivre.

L'objectif n'est pas de sanctionner chaque erreur.

Il est beaucoup plus efficace de rendre progressivement très intéressant le fait de fonctionner avec vous.

Et n'oubliez pas qu'un chiot qui tire énormément dans une situation peut aussi simplement être trop excité, inquiet ou attiré par son environnement pour réussir l'exercice demandé.

Dans ce cas, la question n'est plus seulement “comment lui apprendre à ne pas tirer ?”, mais également “pourquoi tire-t-il autant ici ?”.

Article à venir : Comment apprendre la marche en laisse à un chiot ?

Pour approfondir cette réflexion dans un contexte urbain, vous pourrez également consulter Mon chien tire en laisse à Lille : comment travailler en environnement urbain ?

Commencer le rappel dès les premières semaines

Le rappel fait partie des apprentissages que l'on peut commencer très tôt.

Mais plutôt que de répéter cinquante fois le prénom du chiot lorsqu'il est absorbé par quelque chose, je préfère profiter de tous les moments où il choisit naturellement de revenir.

Votre chiot se retourne vers vous ?

Récompensez.

Il vous rejoint spontanément ?

Récompensez.

Il vous suit lorsque vous changez légèrement de direction ?

Valorisez ce comportement.

Vous êtes en train de construire une idée extrêmement importante :

Revenir vers mon humain est intéressant.

Ne mettez pas votre rappel en échec en permanence

Si votre chiot joue intensément avec plusieurs chiens et que vous savez qu'il n'est pas encore capable d'interrompre cette interaction, répéter son rappel dix fois n'est pas forcément pertinent.

Commencez dans des situations très faciles.

Puis augmentez progressivement les distractions.

Une longe peut également offrir davantage de sécurité lorsque l'environnement ne permet pas encore de détacher votre chiot.

Article à venir : Comment apprendre le rappel à un chiot ?

Apprendre progressivement au chiot à rester seul

Un autre apprentissage mérite d'être commencé tôt : la solitude.

Et ici encore, “commencer tôt” ne signifie pas partir plusieurs heures dès la deuxième journée pour qu'il comprenne.

Cela signifie lui faire découvrir progressivement que :

ne pas être constamment en contact avec vous est normal et sans danger.

Commencez par de minuscules séparations.

Vous pouvez par exemple :

  • vous déplacer dans une autre pièce ;

  • utiliser ponctuellement une barrière ;

  • laisser votre chiot occupé quelques instants pendant que vous vous éloignez ;

  • profiter d'un moment où il est calme pour créer une courte séparation.

Puis revenez avant que la situation ne devienne réellement difficile.

L'objectif est de construire progressivement la compétence plutôt que d'attendre que votre chiot soit obligé de supporter une absence pour constater qu'il n'en est pas encore capable.

Les recommandations comportementales incluent justement l'apprentissage progressif du temps passé seul et la possibilité pour le chiot de se reposer ou de s'occuper indépendamment.

Surveillez les véritables signes de détresse

Quelques vocalises ponctuelles ne permettent pas à elles seules de diagnostiquer un trouble lié à la séparation.

En revanche, une panique importante et répétée mérite d'être prise au sérieux.

Une petite caméra peut être extrêmement intéressante pour observer réellement ce que fait votre chiot en votre absence plutôt que de se fier uniquement à ce que vous entendez derrière la porte.

Article à venir : Comment apprendre à son chiot à rester seul ?

Mon chiot mordille tout : est-ce normal ?

Oui, les mordillements font partie des comportements extrêmement fréquents chez le chiot.

Il découvre son environnement avec sa gueule.

Il joue avec sa gueule.

Sa dentition évolue.

Et ses capacités de régulation sont encore en construction.

Cela ne signifie pas qu'il faut laisser votre chiot mordre vos mains aussi fort qu'il le souhaite.

Mais ce comportement mérite d'être compris avant d'être sanctionné.

Demandez-vous quand votre chiot mord le plus

Vous constaterez peut-être que les mordillements explosent :

  • lorsqu'il est fatigué ;

  • le soir ;

  • pendant certaines phases de jeu ;

  • lorsqu'il est très excité ;

  • lorsqu'il cherche votre attention ;

  • après une journée particulièrement riche.

Cette information est précieuse.

Elle permet parfois d'agir sur la cause plutôt que de passer quinze minutes à répéter “non”.

Vous pouvez également lui proposer des objets adaptés à la mastication et rediriger certains comportements vers des supports appropriés.

Et surtout : observez l'ensemble de la situation.

Article à venir : Mon chiot mordille beaucoup : est-ce normal ?

Apprendre le calme plutôt que chercher uniquement à fatiguer son chiot

C'est une erreur que je rencontre régulièrement :

“Il a trop d'énergie, alors j'essaie de le fatiguer.”

On augmente les promenades.

Puis les jeux.

Puis les rencontres avec des chiens.

Puis les exercices.

Et malgré cela, le chiot semble toujours plus excité.

Parce qu'être calme est aussi une compétence.

Le calme peut être renforcé

Vous pouvez profiter de tous les moments où votre chiot est naturellement posé.

Il s'allonge à côté de vous ?

Très bien.

Il observe tranquillement quelque chose ?

Parfait.

Il termine une activité et réussit progressivement à redescendre ?

C'est exactement ce que nous voulons développer.

Il n'est pas nécessaire d'intervenir constamment.

Parfois, ne rien demander au chiot est précisément ce dont il a besoin.

Vous pouvez également organiser son environnement pour faciliter le repos : endroit calme, routines relativement prévisibles, activités qui ne sont pas toutes extrêmement excitantes et respect des temps de sommeil.

Article à venir : Comment apprendre le calme à son chiot ?

Mon chiot saute sur les gens : comment réagir ?

Un chiot qui saute n'essaie généralement pas de prendre le contrôle de la maison.

Souvent, il cherche simplement à entrer en interaction.

Le problème est que ce petit chiot de huit kilos peut devenir un chien adulte de trente kilos quelques mois plus tard.

Il est donc intéressant de lui apprendre rapidement d'autres façons d'obtenir de l'attention.

L'idée générale est simple :

renforcer les comportements que vous souhaitez voir se reproduire.

Par exemple, si votre chiot approche une personne avec quatre pattes au sol, cette personne peut interagir avec lui.

S'il s'excite énormément, on peut rendre la situation légèrement plus facile plutôt que de rentrer immédiatement dans un conflit.

On peut également apprendre aux humains à mieux accueillir le chiot.

Parce que ce sont parfois eux qui transforment une arrivée calme en énorme explosion d'excitation.

Article à venir : Mon chiot saute sur tout le monde : comment réagir ?

La propreté : accepter qu'un chiot ne puisse pas encore fonctionner comme un adulte

La propreté fait partie des préoccupations principales des premières semaines.

Et là encore, il est important de se rappeler qu'un jeune chiot n'a pas encore les mêmes capacités physiologiques ni les mêmes habitudes qu'un adulte.

Les accidents font partie de l'apprentissage.

Pour faciliter les choses :

  • sortez votre chiot régulièrement ;

  • proposez-lui une sortie après le réveil ;

  • après un repas ;

  • après certaines phases de jeu ;

  • observez ses comportements annonciateurs ;

  • valorisez lorsqu'il élimine au bon endroit.

Punir un chiot qui a uriné dans la maison après coup n'a aucun intérêt éducatif.

Votre objectif est de multiplier les occasions de réussir.

conseillé : Comment apprendre la propreté à un chiot ?

Les manipulations et les soins s'apprennent également

Regarder les oreilles.

Toucher les pattes.

Observer les dents.

Essuyer le chien.

Mettre un harnais.

Brosser.

Inspecter une petite blessure.

Toutes ces manipulations feront probablement partie de la vie de votre chien.

Il est donc très intéressant de les transformer progressivement en expériences ordinaires et positives.

Cela ne veut pas dire immobiliser le chiot jusqu'à ce qu'il “accepte”.

Commencez par de toutes petites manipulations et associez-les à quelque chose d'agréable.

Apprendre au chiot à participer volontairement à certains soins peut devenir extrêmement utile à l'âge adulte.

conseillé : Comment habituer son chiot aux manipulations et aux soins ?

Les apprentissages utiles à privilégier avec un chiot

On me demande souvent quels ordres apprendre en premier.

Plutôt que de raisonner uniquement en positions comme “assis” ou “couché”, j'aime réfléchir aux compétences réellement utiles dans la vie quotidienne.

Quelques exemples :

Suivre spontanément son humain

Très utile pour les promenades, les changements de direction et les futures sorties en liberté.

Revenir vers son humain

La première pierre du rappel.

Renoncer à quelque chose

Pouvoir quitter une ressource, un objet ou une situation lorsqu'on lui propose quelque chose d'intéressant ailleurs.

Attendre quelques secondes

Devant une porte, dans certaines situations du quotidien ou simplement pour développer progressivement sa capacité à patienter.

Se poser

Une compétence extrêmement précieuse pour la vie quotidienne.

Accepter progressivement différentes manipulations

Pour les soins, le vétérinaire ou le toilettage.

Explorer

Cela peut sembler étrange de considérer l'exploration comme un apprentissage.

Pourtant, laisser un jeune chien chercher des solutions, utiliser son nez, manipuler son environnement et prendre certaines initiatives participe énormément à son développement.

Utiliser le renforcement positif pour éduquer son chiot

Le principe du renforcement positif peut être résumé très simplement :

un comportement qui produit une conséquence intéressante a davantage de chances de se reproduire.

Votre chiot revient vers vous ?

Vous pouvez le récompenser.

Il reste calmement sur son tapis ?

Vous pouvez renforcer ce comportement.

Il passe devant un chien sans se précipiter dessus ?

Très intéressant également.

Les récompenses ne se limitent d'ailleurs pas aux friandises.

Selon les situations, une récompense peut être :

  • de la nourriture ;

  • un jouet ;

  • une interaction avec vous ;

  • l'autorisation d'aller explorer ;

  • l'accès à une odeur ;

  • le fait de repartir ;

  • une activité appréciée par votre chiot.

Ce qui compte, c'est ce que le chien trouve réellement intéressant à ce moment-là.

Les recommandations actuelles de l'American Veterinary Society of Animal Behavior préconisent les méthodes basées sur la récompense et déconseillent les méthodes reposant sur la peur, la douleur ou l'intimidation.

Punir les comportements indésirables n'apprend pas forcément quoi faire à la place

Imaginez que votre chiot saute sur vous.

Vous pourriez simplement chercher à arrêter le saut.

Mais vous pourriez également vous demander :

Qu'est-ce que j'aimerais qu'il fasse à la place ?

Approcher calmement ?

Garder quatre pattes au sol ?

Prendre un jouet ?

S'installer sur son tapis ?

Cette question est beaucoup plus productive.

Il faut bien sûr parfois empêcher un comportement, notamment pour des raisons de sécurité.

Mais l'éducation ne devrait pas se limiter à dire au chiot tout ce qu'il ne peut pas faire.

Nous devons surtout lui apprendre progressivement comment réussir dans notre environnement humain.

Les erreurs fréquentes pendant l'éducation d'un chiot

Chaque situation est différente, mais plusieurs erreurs reviennent régulièrement.

Vouloir aller trop vite

Parce que les premiers mois sont importants, certains propriétaires veulent remplir chaque journée d'expériences nouvelles.

Un chiot a aussi besoin de temps pour récupérer.

Confondre socialisation et immersion

Mettre un chiot inquiet au milieu d'une situation très intense ne garantit absolument pas qu'il va s'y habituer.

Faire rencontrer tous les chiens

La neutralité est une compétence sociale extrêmement importante.

Punir les signaux de communication

Un chiot qui s'éloigne, se fige ou grogne communique quelque chose.

Supprimer le signal sans comprendre ce qui le provoque ne résout pas nécessairement le problème.

Stimuler constamment le chiot

Le repos et l'ennui raisonnable font partie de la vie.

Attendre trop longtemps face à une vraie difficulté

Si votre chiot présente des peurs importantes, une détresse majeure lorsqu'il est seul, des réactions agressives inquiétantes ou une évolution comportementale brutale, demander de l'aide rapidement est généralement beaucoup plus intéressant que d'attendre plusieurs mois.

Article à venir : Les erreurs à éviter pendant les premières semaines avec son chiot

Quand faire appel à un éducateur canin pour son chiot ?

Il n'est pas nécessaire d'attendre qu'un problème sérieux apparaisse pour demander conseil.

Un accompagnement précoce peut justement permettre de partir sur de bonnes bases.

Un éducateur peut notamment vous aider à :

  • mieux comprendre le tempérament de votre chiot ;

  • organiser sa socialisation ;

  • sélectionner les rencontres avec d'autres chiens ;

  • choisir des environnements adaptés ;

  • mettre en place la solitude progressivement ;

  • travailler le rappel ;

  • démarrer la marche en laisse ;

  • gérer les mordillements ;

  • développer le calme ;

  • comprendre certains comportements qui vous interrogent.

L'objectif ne devrait pas être d'appliquer exactement le même programme à tous les chiots.

Un accompagnement intéressant doit au contraire prendre en compte le chiot qui se trouve réellement devant nous, son environnement et les attentes de sa famille.

Les priorités pour bien démarrer avec son chiot

Si vous venez d'accueillir votre chiot et que tout cela vous semble énorme, rassurez-vous : vous n'avez pas besoin de tout travailler immédiatement.

Je vous conseille surtout de garder en tête quelques grandes priorités.

1. Construire un environnement sécurisant

Votre chiot doit progressivement comprendre qu'il peut se reposer, explorer et compter sur vous.

2. Protéger son sommeil

Un chiot fatigué peut rapidement devenir beaucoup plus difficile à accompagner.

3. Lui proposer des expériences de qualité

Ne cherchez pas à accumuler les nouveautés.

Observez comment votre chiot les vit.

4. Développer progressivement sa socialisation

Humains, chiens, environnements, sons, surfaces, déplacements…

Mais toujours en tenant compte de ses émotions.

5. Commencer tôt les compétences importantes

Rappel, solitude, marche en laisse, calme, manipulations…

Quelques secondes ou quelques minutes suffisent largement au départ.

6. Valoriser les bons comportements

N'attendez pas uniquement que votre chiot fasse quelque chose qui vous dérange pour interagir avec lui.

Repérez également tout ce qu'il fait déjà bien.

7. Adapter votre accompagnement au chiot devant vous

Deux chiots du même âge et de la même race peuvent avoir des besoins radicalement différents.

C'est probablement la règle la plus importante de toutes.

Éduquer un chiot, c'est préparer le chien adulte sans oublier le chiot qu'il est aujourd'hui

Les premiers mois sont importants.

Mais ils ne doivent pas devenir une course contre la montre.

Votre chiot n'a pas besoin d'avoir tout vu, tout appris et tout maîtrisé avant ses six mois.

Il a surtout besoin d'expériences suffisamment positives, de sommeil, d'exploration, d'interactions adaptées et d'un humain capable d'observer ce qu'il lui communique.

Cherchez moins à obtenir un chiot “parfait”.

Cherchez davantage à construire un jeune chien :

  • curieux ;

  • capable de récupérer ;

  • en confiance avec vous ;

  • capable d'explorer ;

  • progressivement autonome ;

  • à l'aise dans les environnements qui feront partie de sa vie.

Et lorsque quelque chose devient difficile, essayez toujours de vous poser cette question avant de chercher une technique :

Pourquoi mon chiot produit-il ce comportement ?

Très souvent, c'est à partir de cette réponse que l'on trouve les solutions les plus pertinentes.

Besoin d'être accompagné avec votre chiot ?

Les premières semaines peuvent avoir énormément d'importance, mais il n'est pas toujours évident de savoir quoi travailler, dans quel ordre et surtout comment adapter les conseils au tempérament de son propre chiot.

Je propose un forfait chiot pour accompagner les propriétaires dès les premières semaines et travailler les sujets réellement utiles dans leur quotidien : socialisation, promenades, rappel, solitude, calme, marche en laisse, mordillements ou encore rencontres avec les autres chiens.

L'objectif n'est pas de transformer votre chiot en petit soldat.

Il est de vous aider à mieux le comprendre et à construire progressivement de bonnes bases pour la suite de sa vie.

→ Découvrir le forfait chiot

FAQ – Éducation du chiot

À quel âge commencer l'éducation d'un chiot ?

L'éducation commence dès l'arrivée du chiot dans son nouvel environnement, mais cela ne signifie pas organiser immédiatement de longues séances d'exercices.

Les premiers apprentissages se font naturellement au quotidien : suivre son humain, revenir vers lui, découvrir la solitude, gérer progressivement la frustration, explorer différents environnements ou apprendre à se poser.

Des séances très courtes et agréables sont largement suffisantes.

Que faut-il apprendre en premier à un chiot ?

Il n'existe pas d'ordre universel.

Je privilégierais néanmoins rapidement le rappel, le suivi naturel de l'humain, la solitude progressive, la marche en laisse, les manipulations, la capacité à se poser et une socialisation adaptée.

Les positions comme “assis” ou “couché” peuvent être apprises également, mais elles ne devraient pas faire oublier ces compétences du quotidien.

Faut-il socialiser son chiot avec beaucoup de chiens ?

Non.

Votre chiot doit vivre des interactions sociales intéressantes, mais la qualité des rencontres compte davantage que leur quantité.

Il est également important qu'il apprenne progressivement à voir et croiser des chiens sans systématiquement devoir interagir avec eux.

Faut-il forcer un chiot qui a peur ?

Non.

Cela ne veut pas dire éviter définitivement tout ce qui l'inquiète.

L'objectif est plutôt d'adapter la distance, l'intensité et la durée de l'expérience afin qu'il puisse progressivement prendre confiance sans être submergé.

Combien de temps faut-il éduquer son chiot chaque jour ?

Il n'est pas nécessaire d'organiser de longues séances.

Quelques très courtes séquences réparties dans la journée sont souvent beaucoup plus intéressantes.

Et surtout, une grande partie de l'éducation se fait naturellement dans la vie quotidienne.

Une promenade, une porte que l'on franchit, un retour vers vous, quelques secondes de solitude ou une rencontre avec un chien sont déjà des situations d'apprentissage.

Mon chiot fait beaucoup de bêtises : est-ce un problème d'éducation ?

Pas nécessairement.

Un comportement gênant peut avoir de nombreuses causes : exploration normale, fatigue, excitation, environnement mal adapté, besoin de mastication, frustration ou manque d'apprentissage.

Avant de chercher à supprimer le comportement, essayez donc de comprendre pourquoi il apparaît