Quels chiens faire rencontrer à son chiot ?

Quels chiens choisir pour socialiser son chiot ? Découvrez les profils à privilégier, les rencontres à éviter et comment organiser une bonne interaction.

CHIOT & SOCIALISATION

9/7/202621 min read

A small white and tan puppy looking up at a large black and brown long-haired dog in a grassy field.
A small white and tan puppy looking up at a large black and brown long-haired dog in a grassy field.

Quels chiens faire rencontrer à son chiot

Lorsque l'on accueille un chiot, on nous conseille souvent de lui faire rencontrer d'autres chiens.

Le conseil est pertinent.

Mais il lui manque généralement une information essentielle :

lesquels ?

Car tous les chiens ne vont pas apporter la même chose à votre chiot.

Un chien adulte calme et capable de communiquer correctement peut lui offrir une expérience extrêmement intéressante.

Un chien très excité qui lui fonce dessus dès les premières secondes peut au contraire transformer la rencontre en quelque chose de beaucoup plus difficile.

Deux chiots peuvent également passer un excellent moment ensemble… ou monter tellement haut en excitation qu'aucun des deux n'apprend réellement à faire des pauses.

La question n'est donc pas simplement :

« Mon chiot doit-il rencontrer d'autres chiens ? »

Mais plutôt :

« Quels chiens peuvent lui permettre de vivre de bonnes expériences sociales ? »

C'est particulièrement important pendant les premiers mois, car l'objectif n'est pas d'accumuler les rencontres.

Il est d'aider votre chiot à développer progressivement de bonnes compétences de communication avec ses congénères.

Nous avons déjà vu pourquoi faire rencontrer beaucoup de chiens à son chiot n'est pas nécessairement une bonne stratégie.

Voyons maintenant comment choisir les rencontres qui peuvent réellement être intéressantes.

Il n'existe pas de chien parfait pour socialiser un chiot

Commençons par une nuance importante.

Il n'existe pas un profil universel du « bon chien éducateur ».

On entend parfois :

« Il faut absolument lui faire rencontrer des adultes qui vont lui apprendre les codes. »

Ou au contraire :

« Avec un autre chiot, au moins ils pourront jouer ensemble. »

En réalité, l'âge du chien n'est qu'un critère parmi beaucoup d'autres.

Je vais beaucoup plus m'intéresser :

  • à son tempérament ;

  • à ses compétences sociales ;

  • à son niveau d'excitation ;

  • à sa tolérance avec les chiots ;

  • à son style de communication ;

  • à sa capacité à faire des pauses ;

  • à sa capacité à respecter un refus ;

  • à la compatibilité avec le chiot qui se trouve devant lui.

Un chien adulte peut être formidable avec un chiot.

Un autre adulte peut ne pas du tout apprécier leur énergie.

Un jeune chien peut parfaitement adapter son comportement.

Un autre peut être beaucoup trop intense.

Il faut donc arrêter de raisonner uniquement en catégories.

On choisit une rencontre entre deux individus.

Le premier critère : choisir un chien relativement prévisible

Lorsque j'organise une rencontre pour un jeune chiot, j'aime autant que possible connaître le chien en face.

Pas nécessairement depuis des années.

Mais suffisamment pour avoir quelques informations.

Par exemple :

  • Comment réagit-il avec les autres chiens ?

  • A-t-il déjà rencontré des chiots ?

  • Est-il très joueur ?

  • Est-il facilement frustré ?

  • Est-il plutôt calme ?

  • A-t-il tendance à foncer directement sur les chiens ?

  • Respecte-t-il lorsqu'un congénère cherche à s'éloigner ?

  • A-t-il déjà présenté des comportements agressifs avec des chiens ?

Plus j'ai d'informations, plus je peux organiser intelligemment la rencontre.

À l'inverse, laisser mon chiot interagir avec chaque chien inconnu croisé dans la rue me donne très peu de contrôle.

Cela ne signifie pas que chaque rencontre improvisée va mal se passer.

Simplement, lorsque l'on construit les premières expériences sociales d'un chiot, je préfère généralement favoriser la qualité et la prévisibilité.

Un chien calme est souvent extrêmement intéressant

Beaucoup de propriétaires cherchent naturellement un chien joueur.

Je comprends pourquoi.

On imagine une belle rencontre avec deux chiens qui courent ensemble.

Mais un chien calme peut parfois apprendre énormément à un chiot.

Imaginez un adulte qui :

  • observe tranquillement le chiot ;

  • le renifle ;

  • part ensuite explorer ;

  • revient ponctuellement ;

  • ne cherche pas constamment à déclencher du jeu ;

  • sait mettre fin à une interaction.

Le chiot découvre quelque chose d'essentiel :

la présence d'un chien n'est pas automatiquement synonyme d'excitation.

C'est une expérience précieuse.

Il apprend qu'il peut partager un environnement avec un congénère sans devoir constamment jouer avec lui.

Et ce comportement se rapproche énormément de ce que nous allons lui demander pendant toute sa vie adulte.

Un bon chien n'est pas forcément un chien qui accepte tout

C'est une distinction particulièrement importante.

Lorsque l'on choisit un chien adulte pour un chiot, on cherche parfois le chien qui va « tout laisser passer ».

Le chiot lui saute dessus.

Lui mord les oreilles.

Le poursuit.

L'empêche de partir.

Et l'adulte ne dit jamais rien.

On se dit :

« Il est super gentil avec les chiots. »

Peut-être.

Mais ce n'est pas nécessairement le profil le plus éducatif.

Un chien socialement compétent peut également poser des limites.

Il peut :

  • détourner la tête ;

  • s'éloigner ;

  • se figer brièvement ;

  • produire un grognement ;

  • interrompre l'interaction.

Le chiot doit aussi apprendre que :

les autres chiens ont leurs propres limites.

Le fait qu'un adulte communique un refus n'est donc pas automatiquement négatif.

Ce qui nous intéresse est surtout la proportionnalité de sa réponse et ce qui se passe ensuite.

Une limite canine n'a pas besoin d'être violente pour être efficace

Imaginons un chiot particulièrement insistant.

Il vient solliciter plusieurs fois un chien adulte.

L'adulte s'éloigne.

Le chiot revient.

L'adulte communique plus clairement.

Le chiot s'arrête.

Puis chacun repart explorer.

Cette interaction peut être extrêmement intéressante.

Le chiot vient d'apprendre :

« Ce chien ne souhaite plus interagir. »

À l'inverse, si l'adulte réagit extrêmement fort puis continue de poursuivre le chiot alors que celui-ci cherche clairement à partir, la situation devient très différente.

Il ne suffit donc pas de dire :

« Il lui apprend les codes. »

Il faut regarder précisément comment il le fait.

Méfiez-vous de l'expression « chien régulateur »

Dans le milieu canin, on rencontre parfois le terme « chien régulateur ».

Il peut désigner différentes choses selon les professionnels.

Le problème apparaît lorsque l'on imagine qu'un chien particulièrement dur avec les jeunes chiens serait automatiquement un excellent professeur.

Un chien adulte n'est pas un éducateur professionnel simplement parce qu'il est adulte.

Il possède :

  • son histoire ;

  • ses préférences ;

  • ses sensibilités ;

  • éventuellement ses douleurs ;

  • ses propres compétences sociales.

Certains chiens communiquent extrêmement bien.

D'autres beaucoup moins.

Je préfère donc éviter de donner à un chien la mission :

« Apprends-lui la vie. »

Je cherche surtout à créer une situation où les deux chiens peuvent communiquer correctement et où l'humain reste responsable de la sécurité de l'interaction.

Faut-il choisir un chien adulte ?

Les chiens adultes peuvent être extrêmement intéressants pour un chiot.

Notamment parce qu'ils peuvent lui faire découvrir des interactions différentes de celles vécues avec sa fratrie ou d'autres jeunes chiens.

Un adulte peut par exemple :

  • jouer moins longtemps ;

  • poser davantage de limites ;

  • se désengager facilement ;

  • simplement marcher avec le chiot ;

  • explorer à proximité sans chercher de contact permanent.

C'est une excellente expérience.

Mais encore une fois :

adulte ne signifie pas automatiquement adapté.

Certains adultes adorent les chiots.

D'autres les tolèrent.

D'autres préfèrent clairement qu'on les laisse tranquilles.

Et cette dernière préférence doit être respectée.

Il ne faudrait jamais utiliser un chien adulte qui n'apprécie pas les chiots simplement pour « apprendre le respect » au jeune chien.

Faut-il faire rencontrer d'autres chiots ?

Oui, cela peut également être très intéressant.

Deux jeunes chiens compatibles peuvent apprendre énormément pendant le jeu.

Ils peuvent notamment travailler :

  • leur communication ;

  • les interruptions ;

  • les changements de rôle ;

  • la modulation de leurs mouvements ;

  • la gestion de l'excitation.

Mais une rencontre entre chiots peut également monter extrêmement vite en intensité.

Surtout lorsque les deux sont très joueurs.

L'interaction peut devenir :

course ;

poursuite ;

lutte ;

course ;

lutte ;

course…

sans quasiment aucune pause.

À ce moment-là, il peut être pertinent d'aider les deux chiens à redescendre ponctuellement.

Mélanger chiens adultes et jeunes chiens me semble particulièrement intéressant

Si les individus sont correctement sélectionnés, j'aime l'idée qu'un chiot découvre plusieurs profils.

Par exemple :

un adulte calme ;

un jeune chien joueur ;

un chien plus indépendant ;

un chien qui apprécie quelques interactions mais passe surtout son temps à explorer.

Le chiot apprend progressivement quelque chose de très important :

tous les chiens ne fonctionnent pas de la même manière.

C'est une vraie compétence sociale.

Il commence à adapter son comportement en fonction de l'individu qui se trouve devant lui.

Faut-il faire rencontrer différentes races de chiens ?

Il peut être intéressant que le chiot découvre progressivement des morphologies variées.

Parce qu'entre un carlin, un lévrier, un berger allemand et un terre-neuve, l'apparence générale peut être extrêmement différente.

Certains chiens présentent également des particularités physiques susceptibles d'influencer la lisibilité de leur communication :

  • oreilles très courtes ou tombantes ;

  • queue très courte ;

  • plis importants ;

  • poils masquant certaines parties du visage ;

  • morphologies particulières.

Cela ne signifie pas qu'il faut absolument construire un catalogue de races.

Vous n'avez pas besoin de trouver quinze races différentes avant les quatre mois de votre chiot.

Mais si des occasions de bonnes rencontres se présentent, une certaine variété peut être intéressante.

Toujours avec la même règle :

la qualité avant la collection.

Grand chien ou petit chien : faut-il varier les gabarits ?

Oui, dans la mesure où les interactions sont sûres.

Un chiot peut bénéficier du fait de rencontrer progressivement des chiens plus petits et plus grands que lui.

Mais la différence de taille doit modifier notre vigilance.

Imaginez un chiot de quatre kilos avec un jeune chien de trente kilos extrêmement joueur.

Même avec les meilleures intentions du monde, les conséquences d'un choc ne sont pas les mêmes.

Je vais donc observer particulièrement :

  • la vitesse des déplacements ;

  • la façon dont le grand chien utilise son corps ;

  • sa capacité à ralentir ;

  • l'intensité des contacts ;

  • les éventuelles poursuites.

Un grand chien capable de se mettre au niveau du chiot et de moduler son comportement peut être formidable.

Un grand chien très physique qui percute constamment le chiot l'est beaucoup moins.

Attention : un petit chien n'est pas automatiquement moins impressionnant

L'erreur inverse existe également.

On peut se dire :

« Il est petit, donc aucun problème. »

Mais le gabarit ne dit rien à lui seul sur le tempérament.

Un petit chien peut être :

  • extrêmement intense ;

  • très vocal ;

  • très insistant ;

  • peu tolérant.

Le critère principal reste donc la qualité de l'interaction.

Pas simplement la taille.

Un chien très joueur est-il un bon choix ?

Il peut l'être.

Mais tout dépend de sa capacité à réguler son comportement.

Un chien très joueur qui sait :

  • ralentir ;

  • interrompre ;

  • attendre ;

  • changer de rôle ;

  • laisser partir le chiot ;

peut offrir une expérience formidable.

À l'inverse, un chien qui veut continuer à jouer quoi qu'il arrive peut rapidement mettre le chiot en difficulté.

Le problème n'est donc pas :

« Il joue beaucoup. »

Mais plutôt :

« Est-il capable d'écouter ce que lui communique l'autre chien ? »

Le meilleur indicateur : est-ce que le chien respecte les demandes de distance ?

C'est l'un des critères que je trouve les plus importants.

Imaginez que votre chiot s'éloigne.

Que fait l'autre chien ?

Il le laisse partir ?

Très intéressant.

Il attend quelques secondes ?

Très bien.

Il repart explorer ?

Parfait.

Ou au contraire :

il le poursuit immédiatement ;

continue de lui sauter dessus ;

l'empêche systématiquement de partir ?

Dans cette deuxième situation, je serais beaucoup plus vigilant.

Parce que votre chiot doit pouvoir apprendre :

« Lorsque je communique que j'ai besoin d'espace, cela peut fonctionner. »

Votre chiot doit pouvoir dire « stop »

On parle énormément d'apprendre au chiot à respecter les autres chiens.

C'est évidemment important.

Mais les autres chiens doivent également respecter le chiot.

S'il :

  • s'éloigne ;

  • se réfugie près de vous ;

  • cherche à quitter l'interaction ;

  • montre clairement qu'il souhaite une pause ;

je ne veux pas qu'il apprenne :

« Mes tentatives ne servent à rien. »

Vous pouvez donc parfaitement intervenir.

Créer de la distance.

Arrêter temporairement l'autre chien.

Puis observer.

Si votre chiot souhaite revenir vers lui quelques secondes plus tard, très bien.

Vous disposez alors d'une information particulièrement intéressante :

il avait peut-être simplement besoin d'une pause.

Votre humain peut devenir une zone de sécurité

Il existe une vieille idée selon laquelle il faudrait parfois repousser un chiot qui vient chercher de l'aide :

« Laisse-le se débrouiller avec les autres chiens. »

Je ne partage pas cette approche.

Si mon chiot vient se réfugier vers moi parce qu'une interaction devient difficile, je peux parfaitement l'aider.

Je préfère qu'il apprenne :

« Lorsque quelque chose devient compliqué, je peux compter sur mon humain. »

plutôt que :

« Lorsque je suis en difficulté, je suis obligé de gérer seul jusqu'à ce que la situation s'arrête. »

Cela ne signifie évidemment pas intervenir au moindre mouvement.

Mais lorsque le chiot demande clairement de l'aide, je trouve pertinent de l'écouter.

Comment savoir si une rencontre se passe bien ?

Il n'existe pas un signal unique.

Il faut regarder l'ensemble de l'interaction.

Voici néanmoins plusieurs éléments que je trouve particulièrement intéressants.

Les corps restent-ils relativement souples ?

Les mouvements et postures donnent énormément d'informations.

Une interaction dynamique peut être tout à fait normale tant que les chiens restent capables de varier leurs comportements.

Y a-t-il des pauses ?

Les pauses sont précieuses.

Les chiens :

s'arrêtent ;

reniflent ;

regardent ailleurs ;

puis éventuellement recommencent à interagir.

Les rôles évoluent-ils ?

Dans un jeu de poursuite par exemple :

l'un poursuit ;

puis éventuellement l'autre.

Tout n'a pas besoin d'être parfaitement équilibré seconde par seconde.

Mais une interaction constamment à sens unique mérite davantage d'attention.

Les chiens peuvent-ils s'éloigner ?

C'est essentiel.

Reviennent-ils volontairement ?

C'est probablement l'un de mes tests préférés.

Le test de la pause

Lorsque vous avez un doute sur une interaction, vous pouvez simplement créer une courte interruption.

Séparez tranquillement les chiens quelques secondes.

Pas besoin de crier.

Pas besoin de terminer définitivement la rencontre.

Vous faites simplement une pause.

Puis observez.

Les deux chiens cherchent à revenir ?

L'interaction était probablement toujours intéressante pour les deux.

Votre chiot repart explorer ailleurs ?

Très bien.

Laissez-le faire.

L'autre chien veut revenir mais votre chiot cherche à rester loin ?

Cette information est importante.

Il n'y a aucune nécessité de relancer immédiatement l'interaction.

Ce petit test permet souvent de répondre à beaucoup de questions.

Une rencontre ne doit pas obligatoirement devenir du jeu

C'est important parce que nous évaluons parfois le succès d'une rencontre ainsi :

« Ils ont joué, donc ça s'est bien passé. »

Mais deux chiens peuvent parfaitement avoir une excellente rencontre sans jouer.

Ils peuvent :

  • marcher ensemble ;

  • renifler les mêmes zones ;

  • s'observer ;

  • se sentir brièvement ;

  • explorer chacun de leur côté.

Et c'est très bien.

Votre chiot développe également une compétence extrêmement utile :

être en présence d'un chien sans monter à 200 % d'excitation.

Comment organiser la première rencontre ?

Le contexte compte énormément.

Je préfère généralement éviter de placer immédiatement les chiens nez à nez dans un espace minuscule.

Lorsque c'est possible, choisissez :

  • un environnement relativement neutre ;

  • suffisamment d'espace ;

  • peu de distractions supplémentaires.

Puis commencez tranquillement.

Étape 1 : laissez les chiens s'observer à distance

Il n'y a aucune urgence à créer du contact.

Votre chiot peut regarder l'autre chien.

Renifler.

Revenir vers vous.

L'autre chien peut faire exactement la même chose.

Étape 2 : commencez éventuellement par marcher

La promenade parallèle est un excellent outil.

Les chiens évoluent :

dans la même direction ;

avec une certaine distance ;

sans être obligés de rester face à face.

Ils peuvent prendre énormément d'informations sans interaction directe.

Puis vous pouvez réduire progressivement la distance si tout se passe bien.

Étape 3 : laissez éventuellement une interaction se produire

Si les deux chiens semblent suffisamment disponibles, vous pouvez les laisser prendre contact.

Pas besoin de les maintenir immobiles nez à nez.

Laissez du mouvement.

De l'espace.

La possibilité de repartir.

Étape 4 : observez plus que vous n'intervenez

Si tout se passe bien, vous n'avez pas besoin de commenter chaque mouvement.

Laissez les chiens communiquer.

Votre rôle est surtout de vérifier que la situation reste adaptée aux deux.

Étape 5 : créez des pauses si nécessaire

Notamment lorsque l'excitation devient élevée.

Puis regardez ce que choisissent les chiens.

Pourquoi commencer par une promenade parallèle ?

Le face-à-face peut être une situation socialement intense.

La promenade parallèle permet au contraire d'avoir une activité commune sans imposer immédiatement une interaction.

Chaque chien peut :

  • sentir ;

  • observer ;

  • prendre de la distance ;

  • se rapprocher progressivement.

Pour un chiot prudent, c'est particulièrement intéressant.

Mais même avec deux chiens très sociables, commencer par quelques minutes de marche peut permettre de réduire l'excitation initiale.

Rencontre en laisse ou détachée ?

Il n'y a pas de réponse absolue.

Une rencontre en liberté offre davantage de possibilités de mouvement.

Mais seulement dans un environnement réellement sécurisé et avec des chiens pour lesquels cela est adapté.

La laisse permet davantage de contrôle mais peut limiter :

  • les déplacements ;

  • les courbes ;

  • la prise de distance.

Le véritable problème est souvent moins la laisse elle-même que la manière dont elle est utilisée.

Évitez les laisses extrêmement tendues

Lorsqu'un chien approche, beaucoup d'humains raccourcissent immédiatement leur laisse.

Les chiens se retrouvent alors :

face à face ;

à quelques centimètres ;

avec quasiment aucune possibilité de mouvement.

Je préfère autant que possible conserver une laisse suffisamment détendue pour permettre au chien de bouger.

Et surtout :

une rencontre en laisse n'est pas obligatoire simplement parce que deux chiens se croisent.

Vous pouvez parfaitement continuer votre promenade.

Faut-il détacher son chiot pour qu'il puisse fuir ?

Pas nécessairement.

C'est une phrase que l'on entend parfois :

« Détache-le, au moins il pourra partir s'il a peur. »

Le problème est évident : dans un environnement non sécurisé, il pourrait effectivement partir.

Très loin.

Le choix du matériel doit donc dépendre de l'endroit.

Une longe peut parfois être un compromis intéressant en offrant davantage de mouvement tout en maintenant une sécurité.

Mais elle doit être gérée correctement pour ne pas créer de tensions ou s'enrouler autour des chiens pendant le jeu.

Combien de temps doit durer une rencontre ?

Il n'y a pas de durée universelle.

Mais une bonne rencontre n'a pas besoin de durer une heure.

Une interaction de quelques minutes peut être extrêmement enrichissante.

Je préfère parfois arrêter sur une expérience encore positive plutôt que d'attendre que les deux chiens soient complètement épuisés ou irrités.

C'est particulièrement important avec les chiots.

Ils peuvent avoir du mal à s'arrêter seuls.

Attention au chiot qui ne sait plus arrêter de jouer

Certains chiots semblent pouvoir jouer indéfiniment.

Ils courent.

Luttent.

Repartent.

Puis recommencent.

On pourrait penser :

« Ils s'amusent tellement, autant les laisser ! »

Mais l'excitation peut masquer la fatigue.

Créer des pauses permet au chiot d'apprendre une compétence qui lui servira énormément :

redescendre après une interaction.

Vous pouvez par exemple :

rappeler votre chiot ;

lui donner quelques friandises ;

le laisser renifler ;

lui proposer de boire ;

puis éventuellement autoriser une nouvelle interaction.

Faites attention à l'état du chiot avant même la rencontre

Un point souvent oublié :

une même rencontre peut se dérouler complètement différemment selon l'état émotionnel du chiot.

Imaginez qu'il vient déjà de :

  • faire une longue promenade ;

  • rencontrer plusieurs personnes ;

  • prendre la voiture ;

  • vivre une expérience intense.

Ajouter une rencontre avec un chien très joueur n'est peut-être pas nécessaire.

Un chiot fatigué peut :

  • devenir plus irritable ;

  • moins bien communiquer ;

  • avoir davantage de difficulté à interrompre ;

  • monter beaucoup plus rapidement en excitation.

Le sommeil et la récupération ont donc également leur place dans la gestion des rencontres canines.

Quels chiens éviter pour les premières rencontres ?

Je serais particulièrement prudent avec plusieurs profils.

Un chien dont vous ne connaissez absolument pas le comportement

Cela ne signifie pas qu'il est dangereux.

Simplement, vous avez très peu d'informations pour une expérience que vous cherchez précisément à contrôler.

Un chien extrêmement excité qui fonce directement sur tous les congénères

Votre chiot n'a pas forcément besoin de ce niveau d'intensité.

Un chien qui ne respecte pas les tentatives de retrait

Si votre chiot essaie de partir et que l'autre continue systématiquement de le harceler, je préfère interrompre.

Un chien qui tolère difficilement les chiots

Il n'a aucune obligation de devenir leur professeur.

Un chien présentant une agressivité connue envers ses congénères

Ce n'est évidemment pas le profil que je sélectionnerais volontairement pour construire les premières expériences sociales d'un chiot.

Un chien beaucoup trop physique pour le gabarit du chiot

Même sans aucune mauvaise intention.

Un chien réactif peut-il rencontrer un chiot ?

La réponse dépend énormément du chien et de la cause de sa réactivité.

Le mot « réactif » recouvre des réalités très différentes.

Un chien peut réagir :

  • par peur ;

  • par frustration ;

  • à cause d'une mauvaise gestion émotionnelle ;

  • uniquement dans certaines situations ;

  • uniquement en laisse.

Il serait donc impossible de répondre simplement :

oui ou non.

Mais si l'objectif est de sélectionner les premières rencontres d'un chiot, je privilégierais logiquement des chiens dont les interactions avec les congénères sont suffisamment prévisibles.

Il n'y a aucun intérêt à utiliser le chiot comme « test » pour savoir comment réagira un autre chien.

Le chien de la famille est-il automatiquement un bon partenaire ?

Pas forcément.

Si vous avez déjà un chien adulte lorsque le chiot arrive, il faut également respecter ses besoins.

Votre chien adulte peut :

adorer le nouveau venu ;

être neutre ;

avoir besoin de beaucoup de temps ;

trouver le chiot extrêmement pénible.

Tout cela est possible.

Il ne faut pas lui demander de :

  • jouer constamment ;

  • partager immédiatement toutes ses ressources ;

  • subir les sollicitations du chiot ;

  • devenir son éducateur permanent.

Prévoyez également des moments où le chien adulte peut être tranquille.

Le chiot doit progressivement apprendre à respecter cela.

Ne laissez pas le chiot harceler un chien parce qu'il est « gentil »

C'est une situation très fréquente.

Le chien adulte est extrêmement patient.

Le chiot :

saute ;

mordille ;

revient ;

recommence ;

l'empêche de dormir.

Le chien ne dit rien.

Alors l'interaction continue.

Mais ce n'est pas parce qu'un chien tolère une situation que nous devons forcément attendre qu'il atteigne sa limite.

Nous pouvons aider le chiot à apprendre :

« Lorsqu'un autre chien se repose, je peux faire autre chose. »

C'est aussi cela, développer de bonnes compétences sociales.

Comment savoir si mon chiot a peur du chien ?

Encore une fois, il faut observer l'ensemble du comportement et son évolution.

Vous pourriez notamment voir un chiot qui :

  • cherche constamment à augmenter la distance ;

  • se réfugie derrière vous ;

  • reste très figé ;

  • n'ose plus explorer ;

  • évite systématiquement l'autre chien ;

  • cherche une sortie ;

  • réagit très fortement lorsque le chien approche.

Dans ce cas, je ne chercherais pas immédiatement à provoquer du contact.

Je commencerais probablement beaucoup plus loin.

Voir le chien.

Marcher à distance.

Prendre des informations.

Puis réduire progressivement la difficulté.

Une interaction directe pourra éventuellement arriver plus tard.

Un chiot qui aboie sur un chien n'a pas forcément envie de l'attaquer

L'aboiement n'indique pas à lui seul une émotion précise.

Un chiot peut aboyer parce qu'il est :

  • excité ;

  • frustré ;

  • inquiet ;

  • surpris.

Il faut donc regarder le contexte.

C'est particulièrement important avant de conclure :

« Il n'aime pas les chiens. »

ou à l'inverse :

« Il veut juste jouer. »

Dans les deux cas, il nous manque des informations.

Et si mon chiot a déjà eu une mauvaise rencontre ?

Cela arrive.

Même avec énormément de précautions, vous ne contrôlerez jamais tout.

Un chien peut arriver brutalement.

Une interaction peut dégénérer.

Un chien peut effrayer votre chiot.

Une mauvaise expérience n'est pas nécessairement catastrophique.

Mais je serais attentif à la suite.

Votre chiot semble-t-il :

  • davantage inquiet ;

  • plus vigilant ;

  • beaucoup plus réactif ;

  • hésitant avec certains profils ?

Si oui, je ne chercherais surtout pas à compenser en lui faisant rencontrer immédiatement dix nouveaux chiens.

Je proposerais plutôt quelques expériences extrêmement faciles et bien contrôlées.

Les erreurs à éviter pendant une rencontre

Voici celles que je retrouve le plus souvent.

Obliger les chiens à rester ensemble

Une rencontre réussie comprend également la possibilité de partir.

Interpréter toute course comme du jeu

Regardez toujours l'ensemble de l'interaction.

Attendre trop longtemps avant de faire une pause

Notamment avec deux chiots très excités.

Considérer que l'adulte a toujours raison

Un adulte peut lui aussi mal communiquer.

Forcer un chiot effrayé à revenir

S'il prend de la distance, écoutez cette information.

Chercher absolument du contact

Observer tranquillement un chien peut déjà être une excellente expérience.

Toutes les rencontres n'ont pas besoin d'être parfaites

C'est aussi important à rappeler.

Vous ne pourrez pas analyser chaque seconde.

Votre chiot aura parfois une interaction un peu maladroite.

Il sera parfois trop excité.

Un autre chien pourra lui communiquer quelque chose un peu vivement.

L'objectif n'est pas de créer une enfance artificielle dans laquelle rien de négatif ne se produit jamais.

L'objectif est plutôt d'éviter que le chiot soit régulièrement placé dans des situations trop difficiles ou sans possibilité d'en sortir.

Il doit aussi apprendre à gérer progressivement de petites frustrations et des désaccords sociaux.

Simplement, dans des proportions qu'il est capable de gérer.

Le meilleur chien pour votre chiot dépend… de votre chiot

C'est finalement la conclusion la plus importante.

Imaginez un chiot extrêmement confiant et très joueur.

Un chien adulte dynamique mais capable de faire des pauses pourra peut-être être parfait pour lui.

Prenez maintenant un chiot beaucoup plus prudent.

Le même adulte peut représenter une interaction beaucoup trop intense.

Pour ce deuxième chiot, je choisirais peut-être d'abord :

  • un chien particulièrement calme ;

  • une promenade parallèle ;

  • beaucoup de distance ;

  • très peu de contact.

La question n'est donc jamais uniquement :

« Ce chien est-il gentil ? »

Mais :

« Est-il adapté à mon chiot dans cette situation précise ? »

Une petite checklist avant d'organiser une rencontre

Avant de choisir un chien, vous pouvez vous poser quelques questions.

À propos du chien en face

Est-ce que je connais suffisamment son comportement ?

A-t-il déjà interagi correctement avec des chiots ?

Respecte-t-il les demandes de distance ?

Est-il capable de faire des pauses ?

Son niveau d'excitation semble-t-il compatible avec mon chiot ?

À propos de mon chiot

Comment est-il aujourd'hui ?

Est-il reposé ?

Est-il généralement à l'aise avec les chiens ?

A-t-il déjà vécu beaucoup de choses aujourd'hui ?

De quel type de rencontre pourrait-il avoir besoin ?

À propos de l'environnement

Y a-t-il suffisamment d'espace ?

Les chiens pourront-ils s'éloigner ?

Y a-t-il énormément d'autres stimulations ?

Peut-on commencer par marcher ?

Cette petite réflexion évite énormément de rencontres improvisées qui n'apportent finalement pas grand-chose au chiot.

Les rencontres canines ne sont qu'une partie de la socialisation

Enfin, n'oubliez pas que la socialisation d'un chiot ne se résume pas aux chiens.

Votre chiot doit aussi progressivement apprendre à évoluer au milieu :

  • des humains ;

  • des véhicules ;

  • des environnements variés ;

  • des bruits ;

  • des mouvements ;

  • des objets ;

  • des différentes situations qui feront partie de sa vie.

Et même concernant les chiens, l'interaction directe n'est qu'une partie du travail.

Votre chiot doit également apprendre à :

observer un chien sans le rencontrer.

C'est pourquoi je conseille de combiner :

des rencontres soigneusement choisies

avec

beaucoup d'expériences de neutralité.

Ce qu'il faut retenir pour choisir les chiens de votre chiot

Il n'existe pas de race, d'âge ou de gabarit qui garantisse automatiquement une bonne rencontre.

Je privilégierais surtout :

Des chiens relativement prévisibles

Lorsque c'est possible, choisissez des chiens dont vous connaissez le comportement.

Des chiens capables de communiquer correctement

Ils peuvent mettre des limites sans systématiquement monter très haut dans le conflit.

Des chiens capables de faire des pauses

La présence d'un congénère ne doit pas obligatoirement provoquer une heure de jeu.

Des chiens qui respectent les demandes de distance

Probablement l'un des critères les plus importants.

Une certaine variété

Adultes, jeunes, différents gabarits et morphologies lorsque les occasions adaptées se présentent.

Des rencontres adaptées au tempérament de votre chiot

C'est le critère principal.

Un chien formidable pour un chiot peut être beaucoup trop intense pour un autre.

Le but n'est pas de créer un chiot qui aime tous les chiens

Vous n'avez pas besoin de rechercher un chien adulte qui deviendra immédiatement le meilleur ami de votre chiot.

Une excellente rencontre peut être beaucoup plus discrète.

Les deux chiens se rencontrent.

Se sentent.

Marchent.

Explorent.

Ont peut-être quelques interactions.

Puis repartent tranquillement.

Et c'est très bien.

La réussite ne se mesure pas au nombre de minutes de jeu.

Elle se mesure davantage à ce que votre chiot apprend progressivement :

je peux rencontrer des chiens ;

je peux communiquer avec eux ;

je peux respecter leurs limites ;

mes propres limites peuvent également être entendues ;

je peux interrompre une interaction ;

et je peux aussi simplement vivre ma vie lorsqu'un chien est présent.

C'est cette dernière compétence qui fera probablement une énorme différence dans son quotidien une fois adulte.

Besoin d'aide pour organiser les rencontres de votre chiot ?

Lire une interaction entre chiens n'est pas toujours évident.

Il peut être difficile de savoir si votre chiot joue réellement, s'il commence à être dépassé, s'il faut intervenir ou au contraire lui laisser davantage de temps.

C'est aussi pour cela qu'un accompagnement précoce peut être intéressant.

Je propose un forfait chiot permettant notamment de travailler la socialisation, les rencontres avec les congénères, les promenades, le rappel, la marche en laisse, le calme et les premières difficultés du quotidien.

L'objectif n'est pas de faire rencontrer le plus de chiens possible à votre chiot.

Il est de sélectionner des expériences qui correspondent réellement à son tempérament et de vous apprendre progressivement à mieux lire ce qui se passe pendant ses interactions.

→ Découvrir le forfait chiot

FAQ – Choisir les chiens que son chiot rencontre

Quel type de chien faut-il faire rencontrer à un chiot ?

Il n'existe pas un profil unique. Un chien relativement stable, capable de communiquer correctement, de faire des pauses et de respecter les demandes de distance constitue généralement un partenaire intéressant.

Faut-il faire rencontrer des chiens adultes à un chiot ?

Oui, cela peut être très enrichissant si l'adulte est à l'aise avec les chiots et communique correctement. Être adulte ne suffit cependant pas à en faire automatiquement un bon partenaire.

Faut-il également faire rencontrer d'autres chiots ?

Oui. Les interactions entre jeunes chiens peuvent notamment permettre beaucoup de jeu et d'apprentissage social. Il faut toutefois surveiller l'excitation et proposer des pauses lorsque cela devient nécessaire.

Un gros chien peut-il jouer avec un petit chiot ?

Oui, si le grand chien sait adapter son comportement. Plus la différence de gabarit est importante, plus il faut toutefois être attentif à la vitesse, aux contacts physiques et aux poursuites.

Mon chiot se cache derrière moi pendant une rencontre : que faire ?

Vous pouvez lui permettre de prendre de la distance et empêcher temporairement l'autre chien de venir le solliciter. Attendez ensuite de voir si votre chiot choisit de revenir. Le fait de chercher votre protection est une information à prendre en compte.

Faut-il laisser un adulte grogner sur un chiot ?

Un grognement peut faire partie d'une communication normale et indiquer que l'adulte souhaite davantage de distance. Il faut néanmoins observer l'ensemble de l'interaction et la proportionnalité de la réponse, plutôt que considérer automatiquement toute réaction adulte comme éducative.

Comment savoir si deux chiens ont envie de continuer à jouer ?

Une technique simple consiste à créer une courte pause. Si les deux chiens reviennent volontairement l'un vers l'autre, c'est une information intéressante. Si l'un préfère partir explorer, il n'est pas nécessaire de relancer immédiatement le jeu.

Une rencontre entre chiens doit-elle se faire détachée ?

Pas obligatoirement. Le choix dépend des chiens et de l'environnement. L'important est notamment d'éviter de maintenir les chiens immobiles face à face avec des laisses très tendues et de leur permettre suffisamment de mouvement.

Combien de temps doit durer une rencontre avec un chiot ?

Il n'existe pas de durée universelle. Quelques minutes de bonne interaction peuvent être plus intéressantes qu'une heure de jeu très intense sans aucune pause.

Mon chiot n'ose pas approcher l'autre chien : dois-je le pousser ?

Non. Vous pouvez commencer à plus grande distance, éventuellement marcher parallèlement puis réduire progressivement la difficulté en fonction de ses réactions.