Chiot et autres chiens : faut-il multiplier les rencontres ?
Faut-il faire rencontrer beaucoup de chiens à son chiot pour bien le socialiser ? Découvrez pourquoi la qualité des rencontres compte plus que leur nombre.
CHIOT & SOCIALISATION
9/7/202618 min read


Faut-il faire rencontrer beaucoup de chiens à son chiot ?
Quand on accueille un chiot, l'une des premières recommandations que l'on entend est souvent :
« Il faut lui faire rencontrer beaucoup de chiens pour qu'il soit sociable. »
L'idée semble logique.
Plus un chiot rencontre de congénères lorsqu'il est jeune, plus il devrait apprendre à bien communiquer avec eux à l'âge adulte.
En réalité, les choses sont beaucoup plus nuancées.
Un chiot peut rencontrer énormément de chiens et développer malgré tout :
une forte excitation à la vue de ses congénères ;
de la frustration lorsqu'il ne peut pas les rejoindre ;
des difficultés à interrompre les interactions ;
une peur de certains profils de chiens ;
de mauvaises habitudes sociales.
À l'inverse, un chiot peut rencontrer moins de chiens mais vivre des expériences extrêmement intéressantes avec des individus correctement choisis, tout en apprenant également quelque chose d'essentiel :
voir un chien ne signifie pas systématiquement aller le rencontrer.
Pour moi, c'est même l'une des bases les plus importantes de la socialisation canine.
L'objectif n'est donc pas de chercher un nombre idéal de rencontres.
La bonne question serait plutôt :
qu'est-ce que mon chiot apprend lorsqu'il est en présence d'autres chiens ?
Si vous souhaitez d'abord revoir les grands principes de cette période, vous pouvez consulter Comment socialiser correctement son chiot ?
Un chiot a-t-il besoin de rencontrer d'autres chiens ?
Oui.
Les interactions avec des congénères ont évidemment une importance dans le développement du chiot.
Le chien est une espèce sociale.
Il doit progressivement apprendre à :
observer les comportements des autres chiens ;
communiquer ;
répondre à certains signaux ;
adapter son comportement ;
interrompre une interaction ;
gérer différents styles de communication ;
comprendre qu'un autre chien n'a pas toujours envie de jouer.
Mais cela ne signifie pas qu'il doit rencontrer tous les chiens possibles.
Il existe une énorme différence entre :
avoir des expériences sociales de qualité
et
accumuler les interactions.
C'est cette différence qui va guider tout l'article.
Il n'existe pas de nombre idéal de chiens à rencontrer
On retrouve parfois des recommandations très chiffrées.
Il faudrait rencontrer tant de chiens avant tel âge.
Ou plusieurs chiens différents chaque semaine.
Je préfère être très prudent avec ce genre de règles.
Deux chiots peuvent avoir exactement le même âge et des besoins complètement différents.
L'un peut être :
extrêmement sociable ;
entreprenant ;
très à l'aise avec la nouveauté.
L'autre peut :
observer davantage ;
avoir besoin de temps ;
être plus sensible aux interactions intenses.
Donner exactement le même programme aux deux n'aurait pas beaucoup de sens.
Le nombre de chiens rencontrés ne constitue donc pas un objectif en soi.
Je préfère me demander :
avec quels chiens le chiot interagit-il ?
dans quelles conditions ?
pendant combien de temps ?
comment se déroule l'interaction ?
le chiot peut-il s'éloigner ?
récupère-t-il facilement ensuite ?
Ce sont ces informations qui me semblent réellement intéressantes.
Toutes les rencontres entre chiens ne se valent pas
Imaginons deux situations.
Situation 1
Votre chiot rencontre quatre chiens au cours de la semaine.
Les rencontres se font dans des endroits suffisamment spacieux.
Les chiens sont globalement calmes et bien choisis.
Votre chiot peut :
les observer ;
s'approcher ;
repartir ;
renifler ;
jouer quelques instants ;
faire des pauses.
Situation 2
Votre chiot rencontre quinze chiens.
À chaque fois, les interactions sont extrêmement intenses.
Les chiens courent directement vers lui.
Il est poursuivi.
Les interactions durent longtemps.
Il ne parvient presque jamais à s'arrêter.
Sur le papier, le deuxième chiot aura rencontré beaucoup plus de chiens.
Mais cela ne signifie absolument pas qu'il aura vécu une meilleure socialisation.
La qualité des rencontres compte beaucoup plus que leur nombre.
Quel chien choisir pour rencontrer un chiot ?
C'est probablement l'une des questions les plus importantes.
Le chien idéal n'existe pas.
Mais certains profils peuvent être particulièrement intéressants.
On peut rechercher un chien :
relativement stable ;
capable de communiquer sans excès ;
qui ne harcèle pas le chiot ;
capable de ralentir ;
capable de s'éloigner ;
suffisamment tolérant sans tout accepter ;
dont le comportement est globalement prévisible.
Un chien adulte équilibré peut par exemple être très intéressant.
Il ne va pas nécessairement jouer pendant une heure.
Et ce n'est pas un problème.
Il peut apprendre au chiot qu'une interaction sociale peut aussi consister à :
se sentir ;
marcher ensemble ;
explorer dans le même environnement ;
faire une pause ;
repartir chacun de son côté.
C'est déjà extrêmement riche.
Un chien qui ne joue pas avec le chiot peut être très intéressant
C'est un point souvent mal compris.
On cherche parfois un chien en pensant :
« J'espère qu'ils vont bien jouer ensemble. »
Mais le jeu n'est qu'une forme d'interaction parmi d'autres.
Un chien adulte qui :
renifle tranquillement ;
communique clairement ;
arrête l'interaction ;
ignore parfois le chiot ;
remet une limite raisonnable lorsqu'il devient trop insistant ;
peut apporter énormément.
Le chiot apprend notamment :
« Les autres chiens ne sont pas uniquement des partenaires de jeu. »
C'est une compétence essentielle.
Faut-il privilégier les chiens adultes ou les autres chiots ?
Les deux peuvent être intéressants.
Un autre chiot peut offrir :
du jeu ;
de l'exploration sociale ;
des interactions relativement dynamiques.
Un adulte stable peut permettre :
des interactions plus posées ;
des limites plus claires ;
d'autres formes de communication.
Je préfère donc varier les profils intelligemment plutôt que de chercher exclusivement des chiens du même âge.
Mais il faut rester attentif à la compatibilité.
Un chien adulte très peu tolérant aux chiots ne deviendra pas soudainement un bon professeur simplement parce qu'il est adulte.
Le choix doit toujours se faire individuellement.
Attention aux différences de gabarit
Une différence de taille n'empêche pas forcément une interaction intéressante.
Mais elle doit être prise en compte.
Un très grand chien particulièrement physique peut involontairement mettre un petit chiot en difficulté.
Inversement, un petit chien peut parfaitement être très brutal.
Le gabarit n'est donc pas le seul critère.
Mais lorsque les différences physiques sont importantes, je préfère particulièrement observer :
la vitesse ;
la puissance des contacts ;
les poursuites ;
la capacité du plus grand chien à s'adapter.
L'objectif est que le chiot puisse réellement participer à l'interaction et pas simplement la subir.
Comment savoir si les chiens jouent vraiment bien ensemble ?
Le jeu canin est complexe.
On ne peut pas l'évaluer sur un seul comportement.
Des chiens peuvent :
courir ;
se poursuivre ;
grogner ;
se mordiller ;
se bousculer.
Et pourtant être en train de jouer parfaitement normalement.
À l'inverse, une interaction qui ressemble extérieurement à du jeu peut devenir inconfortable pour l'un des chiens.
Je préfère donc observer l'ensemble.
Les rôles changent-ils ?
C'est souvent un bon indicateur.
Un chien poursuit.
Puis l'autre poursuit.
Un chien est au-dessus.
Puis les rôles changent.
Tout n'a pas besoin d'être parfaitement symétrique.
Mais une interaction totalement à sens unique mérite davantage d'attention.
Y a-t-il des pauses ?
Les chiens s'arrêtent.
Reniflent.
S'éloignent quelques secondes.
Puis reviennent.
Ces pauses sont intéressantes.
Une interaction extrêmement intense pendant vingt minutes sans aucune interruption peut devenir beaucoup plus fatigante.
Les deux chiens choisissent-ils de revenir ?
C'est une question que j'aime beaucoup utiliser.
Vous séparez calmement les deux chiens pendant quelques secondes.
Que se passe-t-il ?
Les deux essaient de retourner ensemble ?
Très bien.
L'un retourne immédiatement voir l'autre pendant que le second part renifler très loin ?
Cette information mérite d'être prise en compte.
Le consentement peut se lire dans la continuité de l'interaction
Le fait qu'un chien revienne régulièrement vers l'autre est souvent une information beaucoup plus intéressante que de simplement regarder qui court le plus vite.
Un chiot qui se cache ne joue pas forcément à cache-cache
Certaines situations sont parfois interprétées trop vite.
Votre chiot se réfugie :
derrière vos jambes ;
sous une chaise ;
sous un banc ;
près d'un humain.
Et l'autre chien continue de venir le chercher.
On entend parfois :
« Il faut le laisser, ils vont se débrouiller. »
Je ne suis pas forcément d'accord.
Si votre chiot essaie clairement de prendre de la distance, cette information mérite d'être respectée.
Vous pouvez intervenir.
Créer une pause.
Éloigner l'autre chien.
Laisser votre chiot revenir s'il le souhaite.
Intervenir ne signifie pas empêcher les chiens d'apprendre à communiquer.
Cela signifie simplement éviter qu'un chien soit obligé de gérer seul une situation qui devient trop difficile.
Faut-il toujours laisser un chien adulte « remettre le chiot à sa place » ?
C'est une autre phrase fréquente.
« Laisse-le faire, il va lui apprendre les codes. »
Oui, un adulte peut communiquer une limite à un chiot.
Et cela peut faire partie d'une interaction sociale normale.
Mais cela ne signifie pas que toutes les réactions d'un adulte sont automatiquement pédagogiques ou adaptées.
Un chien peut lui aussi :
manquer de compétences sociales ;
être très irritable ;
être douloureux ;
avoir peur ;
réagir de manière disproportionnée.
Je ne laisse donc pas n'importe quel chien « éduquer » un chiot sous prétexte qu'il est adulte.
Il faut observer ce qui se passe réellement.
Une correction canine n'a pas besoin d'être spectaculaire
Un chien adulte peut communiquer :
en tournant la tête ;
en s'éloignant ;
en se figeant brièvement ;
avec une posture ;
en grognant ;
avec une interaction courte plus ferme.
Le chiot ralentit.
La situation s'arrête.
Très bien.
Ce qui m'inquiéterait davantage serait un chien qui poursuit ensuite longuement le chiot ou qui semble incapable d'interrompre lui-même le conflit.
L'idée n'est donc pas :
« Il ne faut jamais qu'un chien dise non au chiot. »
Mais plutôt :
« Choisissons des chiens capables de communiquer de manière adaptée. »
Pourquoi faire rencontrer tous les chiens peut devenir contre-productif
Imaginez maintenant le quotidien de votre chiot.
Chaque fois qu'il aperçoit un chien :
vous vous rapprochez.
Il rencontre.
Il joue.
Puis vous repartez.
Au bout de plusieurs mois, une association extrêmement forte peut se construire :
chien = interaction.
Le problème arrive lorsque l'interaction n'est plus possible.
Vous croisez un chien en laisse.
Votre chien veut le rejoindre.
Vous continuez.
Il tire.
Vous l'empêchez.
Il monte en frustration.
Puis éventuellement :
aboie ;
vocalise ;
saute ;
s'agite.
Et l'on peut finir par penser :
« Mon chien devient réactif. »
Alors qu'une partie du problème peut être liée à une énorme attente sociale construite pendant les premiers mois.
La neutralité est une compétence sociale
C'est probablement l'une des idées les plus importantes de ma manière de travailler.
Être sociable ne signifie pas :
vouloir interagir avec tout le monde.
Prenons-nous-mêmes comme exemple.
Nous pouvons être parfaitement à l'aise socialement sans avoir besoin de parler à chaque personne croisée dans la rue.
Pour un chien, c'est pareil.
Un chien socialement compétent peut :
rencontrer certains chiens ;
jouer avec quelques-uns ;
en ignorer d'autres ;
croiser un chien ;
l'observer ;
continuer sa promenade.
C'est exactement ce que je souhaite développer chez un chiot.
Comment apprendre la neutralité face aux autres chiens ?
Cela peut commencer très simplement.
Votre chiot voit un chien à distance.
Vous n'allez pas forcément le rencontrer.
Votre chiot peut :
regarder ;
renifler ;
continuer son exploration ;
revenir vers vous.
Vous pouvez récompenser certains comportements intéressants.
Puis repartir.
Votre chiot apprend progressivement :
« La présence d'un chien n'annonce pas forcément une rencontre. »
C'est extrêmement utile.
Travaillez à une distance adaptée
Si votre chiot voit un chien à dix mètres et :
tire énormément ;
n'entend plus rien ;
vocalise ;
n'arrive plus à se détourner ;
vous êtes probablement trop près pour travailler sereinement la neutralité.
Éloignez-vous.
À vingt mètres, peut-être qu'il peut :
regarder ;
puis sentir quelque chose ;
puis revenir vers vous.
C'est là que l'apprentissage devient intéressant.
On réduira éventuellement progressivement la distance.
Il n'est pas nécessaire de demander un « regarde-moi » à chaque chien
C'est un autre détail important.
Lorsque le chiot voit un chien, nous pouvons être tentés de demander immédiatement :
« Regarde-moi ! »
Puis donner une friandise.
Cela peut être utile.
Mais je ne cherche pas non plus à créer un chien qui doit détourner systématiquement les yeux de son environnement pour réussir.
Il peut regarder le chien.
Prendre des informations.
Puis se désengager naturellement.
Ce désengagement est justement très intéressant à renforcer.
Votre chiot apprend :
« Je peux voir un chien sans rester bloqué dessus. »
Renforcer les retours spontanés vers vous
Votre chiot regarde un chien.
Puis tourne la tête vers vous.
C'est une très belle occasion de renforcer.
Vous pouvez :
donner une friandise ;
repartir ensemble ;
lui permettre d'aller sentir quelque chose ;
jouer quelques secondes.
Progressivement, votre présence devient elle aussi intéressante dans les environnements où des chiens sont présents.
Les promenades parallèles sont souvent très intéressantes
Une rencontre canine ne doit pas nécessairement commencer par :
face à face → les deux chiens se sentent immédiatement.
Vous pouvez commencer par marcher.
Deux chiens à quelques mètres.
Dans la même direction.
Ils explorent.
Ils prennent les odeurs.
Ils ont le temps d'observer l'autre sans interaction directe.
Puis, si les deux chiens semblent suffisamment à l'aise, la distance peut progressivement diminuer.
Cette approche est particulièrement intéressante pour certains chiots prudents.
Les rencontres en laisse sont-elles mauvaises ?
Pas forcément.
Mais elles peuvent être plus compliquées.
La laisse limite les possibilités de déplacement.
Elle peut empêcher un chien :
de contourner ;
de s'éloigner ;
de choisir sa distance.
En plus, les humains ont tendance à raccourcir la laisse lorsqu'une rencontre approche.
Le chien peut alors se retrouver presque immobile face à l'autre.
Je préfère donc, lorsqu'une rencontre en laisse est souhaitée :
garder suffisamment d'espace ;
éviter une tension permanente sur la laisse ;
ne pas obliger les chiens à rester face à face ;
laisser l'interaction relativement courte.
Et surtout, toutes les rencontres en laisse ne sont pas nécessaires.
Faut-il laisser son chiot jouer longtemps avec un autre chien ?
Pas forcément.
Là encore, il n'existe pas une durée universelle.
Certains jeux peuvent durer plusieurs minutes avec des pauses naturelles.
Mais il peut être intéressant d'apprendre assez tôt au chiot que les interactions ont parfois une fin.
Vous pouvez créer une pause.
Rappeler votre chiot.
Récompenser.
Le laisser renifler.
Puis éventuellement le laisser repartir jouer.
Vous travaillez alors plusieurs choses en même temps :
la capacité à interrompre une interaction ;
le rappel ;
la récupération émotionnelle ;
le fait que revenir vers vous ne signifie pas toujours la fin définitive du plaisir.
C'est extrêmement intéressant.
Le rappel pendant le jeu doit être construit progressivement
N'attendez pas que votre chiot soit dans la plus grosse session de jeu de sa vie pour tester son rappel.
Commencez plus facilement.
Profitez d'une pause naturelle.
Votre chiot regarde déjà vers vous ?
Appelez.
Récompensez généreusement.
Puis laissez-le éventuellement retourner jouer.
Il apprend alors :
« Revenir vers mon humain pendant une interaction sociale est intéressant. »
Ce travail facilitera énormément la suite.
Un article dédié développera ce point : Comment apprendre le rappel à un chiot ?
Attention à la surexcitation sociale
Certains chiots adorent les interactions.
Ils voient un chien et deviennent immédiatement très excités.
On peut avoir envie de penser :
« Tant mieux, il est super sociable ! »
Mais une sociabilité très importante n'est pas forcément facile à gérer.
Si le chiot n'apprend jamais à :
patienter ;
observer ;
interrompre le jeu ;
repartir ;
croiser sans interagir ;
cette excitation peut devenir gênante à l'adolescence.
Un chien de trente kilos qui veut absolument dire bonjour à chaque congénère peut devenir très difficile à promener.
La socialisation doit donc également développer de l'autorégulation.
Faut-il empêcher un chiot de jouer avec les autres chiens ?
Évidemment non.
Le jeu peut être extrêmement intéressant.
Je ne cherche pas à fabriquer un chiot indifférent à tous ses congénères.
Je cherche simplement un équilibre.
Il peut :
jouer parfois
et
ne pas jouer parfois.
Il peut avoir :
de vrais copains
sans considérer :
chaque chien inconnu comme un futur partenaire de jeu.
Cette nuance change énormément de choses.
Faut-il laisser son chiot rencontrer un chien inconnu dans la rue ?
Vous n'êtes jamais obligé.
Même si l'autre propriétaire vous dit :
« Ne vous inquiétez pas, le mien est gentil ! »
La gentillesse n'est pas le seul critère.
Vous ne connaissez pas nécessairement :
le style de communication du chien ;
son excitation ;
sa manière de jouer ;
sa tolérance avec les chiots ;
l'état émotionnel de votre propre chien à cet instant.
Vous pouvez tout à fait dire :
« Non merci, on travaille justement les croisements sans interaction. »
Et continuer votre chemin.
C'est même parfois beaucoup plus utile pour votre chiot.
Faut-il emmener un chiot au parc à chiens pour qu'il rencontre des congénères ?
Ce n'est absolument pas nécessaire.
Le parc à chiens a un gros défaut :
vous contrôlez très peu les profils présents.
Votre chiot peut rencontrer :
un chien très calme ;
puis un chien extrêmement excité ;
puis trois chiens qui arrivent simultanément.
Pour un jeune chien, cela peut représenter beaucoup.
Je préfère généralement organiser les premières rencontres avec des individus choisis.
Le sujet mérite cependant d'être développé beaucoup plus précisément dans un article dédié : Parc à chiens et chiot : bonne ou mauvaise idée ?
Que faire si mon chiot a peur des autres chiens ?
Dans ce cas, surtout, ne raisonnez pas en nombre de rencontres.
Votre chiot n'a probablement pas besoin de rencontrer davantage de chiens immédiatement.
Il peut commencer par :
observer un chien à distance ;
marcher parallèlement ;
découvrir un chien calme sans contact ;
réduire progressivement la distance.
Puis éventuellement interagir.
L'objectif est de reconstruire de la sécurité.
Pas de convaincre le chiot le plus vite possible que les chiens sont gentils.
Ce sujet fera l'objet d'un article spécifique : Mon chiot a peur des autres chiens : que faire ?
Que faire si mon chiot veut dire bonjour à tous les chiens ?
Commencez justement à créer des situations de neutralité.
Choisissez une distance où il est encore capable de fonctionner.
Lorsqu'un chien apparaît :
laissez-le regarder ;
attendez éventuellement un désengagement ;
valorisez le retour vers vous ;
continuez votre promenade.
Ne cherchez pas forcément à passer immédiatement à cinquante centimètres du chien.
Commencez avec suffisamment de distance.
Puis progressez.
Vous pouvez également réserver certaines rencontres avec des chiens connus.
Votre chiot apprend alors une nouvelle règle :
tous les chiens ne sont pas accessibles, mais certaines interactions restent possibles.
Mon chiot aboie quand il ne peut pas aller voir un chien
Cela peut être lié à différents facteurs.
Notamment :
excitation ;
frustration ;
habitude d'aller rencontrer les chiens ;
difficulté à gérer la distance ;
parfois peur.
Il faut donc éviter de conclure trop rapidement :
« Il est agressif. »
Deux chiens peuvent produire des comportements extérieurement assez similaires pour des raisons émotionnelles complètement différentes.
La première étape consiste donc à comprendre ce qui se passe.
Puis travailler à une distance à laquelle le chiot reste capable d'apprendre.
Les chiens connus sont-ils suffisants pour socialiser son chiot ?
Il est intéressant de proposer une certaine variété.
Si votre chiot ne rencontre qu'un seul chien toute sa jeunesse, il risque de ne pas généraliser parfaitement ses compétences à tous les profils.
On peut progressivement varier :
les tailles ;
les morphologies ;
les couleurs ;
l'âge ;
les styles de communication.
Mais toujours sans transformer cela en collection.
La variété est intéressante.
La quantité pour la quantité ne l'est pas forcément.
Apprendre que certains chiens ne veulent pas interagir
C'est également un apprentissage important.
Tous les chiens ne sont pas disponibles.
Certains chiens :
sont âgés ;
sont sensibles ;
travaillent ;
ont peur ;
sont en apprentissage ;
veulent simplement se promener tranquillement.
Votre chiot doit progressivement apprendre que :
l'envie d'interagir ne donne pas automatiquement accès à l'autre chien.
C'est une excellente base de communication sociale.
Et cela suppose également que nous, humains, respections les autres chiens.
Les humains influencent énormément les rencontres
Une rencontre canine ne concerne pas uniquement deux chiens.
Il y a souvent deux humains au bout des laisses.
Et notre comportement peut modifier énormément la situation.
Par exemple :
tendre brutalement la laisse ;
rester immobile face à face ;
empêcher tout mouvement ;
parler constamment ;
forcer les chiens à rester ensemble.
À l'inverse, nous pouvons :
garder du mouvement ;
créer de l'espace ;
faire une pause ;
repartir ;
laisser les chiens explorer.
Une bonne rencontre dépend donc aussi de notre capacité à accompagner sans vouloir tout contrôler.
Quelques bonnes rencontres valent mieux que beaucoup de mauvaises
C'est probablement la phrase que je voudrais que vous reteniez.
Je préfère un chiot qui a :
quelques relations canines de qualité ;
des interactions variées mais choisies ;
beaucoup de situations de neutralité ;
la possibilité d'interrompre ;
une bonne capacité à repartir avec son humain ;
qu'un chiot qui a rencontré cent chiens mais qui devient fou de frustration chaque fois qu'un congénère apparaît.
Le nombre n'est pas l'objectif.
Les compétences construites pendant les rencontres le sont.
Comment organiser concrètement une bonne rencontre ?
Voici un exemple simple.
Étape 1 : choisissez le chien
Un chien dont vous connaissez suffisamment le comportement.
Étape 2 : choisissez l'environnement
De préférence suffisamment spacieux et pas trop chargé.
Étape 3 : commencez avec de la distance
Les chiens peuvent observer et prendre des informations.
Étape 4 : marchez éventuellement ensemble
Plutôt qu'une interaction frontale immédiate.
Étape 5 : laissez les chiens se rapprocher si les deux semblent suffisamment à l'aise
Sans les forcer.
Étape 6 : observez
Regardez les pauses, les déplacements et les possibilités de retrait.
Étape 7 : créez éventuellement une interruption
Quelques secondes.
Étape 8 : regardez ce que choisissent les chiens
Souhaitent-ils retourner ensemble ?
Ou l'un préfère-t-il repartir explorer ?
Cette dernière information est particulièrement précieuse.
Comment répartir rencontres et neutralité ?
Il n'existe pas de formule mathématique.
Je ne dirais jamais :
30 % d'interactions, 70 % de neutralité.
Mais dans le quotidien, votre chiot devrait avoir beaucoup plus d'occasions de voir des chiens sans les rencontrer que d'occasions de jouer avec eux.
Simplement parce que ce sera également la réalité de sa vie adulte.
Lorsque vous vous promènerez demain en ville, votre chien pourra croiser dix congénères.
Vous n'aurez probablement aucune raison de vous arrêter pour rencontrer les dix.
Construire cette compétence dès le départ facilite énormément le quotidien futur.
Et si mon chiot est extrêmement sociable ?
Vous pouvez évidemment lui proposer de belles interactions.
Mais je travaillerais encore davantage la neutralité et la capacité à interrompre.
Un chiot très sociable peut devenir un adolescent extrêmement frustré lorsqu'il découvre soudainement qu'il ne peut pas rencontrer tous les chiens.
Travaillez donc tôt :
les croisements ;
les retours vers vous ;
les pauses ;
les rappels pendant les interactions ;
la capacité à repartir.
Votre futur vous remerciera probablement.
Et si mon chiot n'aime pas vraiment jouer avec les chiens ?
Ce n'est pas nécessairement un problème.
Certains chiens sont moins joueurs.
Certains apprécient :
marcher ensemble ;
explorer ;
sentir ;
être simplement dans le même environnement.
L'objectif n'est pas que tous les chiens deviennent des passionnés de jeu collectif.
Si votre chiot est relativement à l'aise avec les congénères, communique correctement et peut évoluer en leur présence, il n'a aucune obligation d'adorer jouer.
Encore une fois :
socialement compétent ne signifie pas hyper-sociable.
Bien socialiser avec les chiens : ce qu'il faut retenir
Si je devais résumer tout cet article :
Oui, votre chiot doit rencontrer d'autres chiens
Les interactions sociales participent à son développement.
Non, il n'a pas besoin d'en rencontrer énormément
Il n'existe aucun quota magique.
Choisissez les rencontres
La qualité du chien en face compte énormément.
Observez les interactions
Notamment les pauses, les tentatives de retrait et le retour volontaire vers l'autre.
Laissez votre chiot dire non
Il peut s'éloigner.
Travaillez les interruptions
Une interaction n'a pas besoin de durer jusqu'à épuisement.
Travaillez surtout la neutralité
Votre chiot doit apprendre que voir un chien ne signifie pas systématiquement jouer.
Ne cherchez pas à créer un chien qui aime tous les chiens
Cherchez plutôt à construire un chien capable d'évoluer correctement avec eux.
La sociabilité n'est pas un concours
Votre chiot n'a pas besoin d'avoir cinquante copains avant ses six mois.
Il n'a pas non plus besoin d'aimer chaque chien croisé dans la rue.
Une bonne socialisation canine consiste plutôt à développer un ensemble de compétences :
observer ;
communiquer ;
s'adapter ;
interagir lorsque c'est pertinent ;
s'arrêter ;
repartir ;
et parfois simplement ignorer l'autre.
À mes yeux, un chien adulte capable de croiser sereinement dix congénères et de jouer avec deux chiens qu'il apprécie est souvent beaucoup plus facile à vivre qu'un chien qui adore tout le monde mais ne supporte pas qu'on lui refuse une interaction.
Lorsque vous choisissez les rencontres de votre chiot, posez-vous donc moins souvent la question :
« Combien de chiens a-t-il déjà rencontrés ? »
Et davantage :
« Qu'est-ce qu'il est en train d'apprendre sur les autres chiens ? »
C'est cette deuxième question qui construira réellement ses compétences sociales.
Besoin d'aide pour les rencontres de votre chiot ?
Choisir les bons chiens, interpréter une interaction ou savoir quand intervenir n'est pas toujours évident.
Il peut également être difficile de trouver le bon équilibre entre socialisation, jeu et apprentissage de la neutralité.
Je propose un forfait chiot permettant d'accompagner les propriétaires pendant cette période et de travailler notamment les rencontres entre chiens, la socialisation, les promenades, le rappel, la marche en laisse, le calme et les premières difficultés du quotidien.
L'objectif est d'adapter les expériences au tempérament de votre chiot plutôt que d'appliquer le même programme à tous.
→ Découvrir le forfait chiot
FAQ – Rencontres entre chiot et autres chiens
Combien de chiens un chiot doit-il rencontrer ?
Il n'existe pas de nombre idéal.
Il est plus intéressant de proposer des interactions variées et de qualité que de chercher à atteindre un quota précis.
Mon chiot doit-il jouer avec des chiens tous les jours ?
Non.
Il n'a aucune nécessité de jouer quotidiennement avec des congénères.
Les journées sans interaction canine sont parfaitement normales.
Faut-il faire rencontrer des chiens adultes à son chiot ?
Oui, cela peut être très intéressant si les chiens adultes sont correctement choisis et à l'aise avec les chiots.
Un adulte stable peut apporter d'autres apprentissages qu'un jeune chien.
Dois-je laisser tous les chiens approcher mon chiot ?
Non.
Vous pouvez refuser une rencontre si vous ne la trouvez pas adaptée.
Votre priorité est la qualité des expériences de votre chiot, pas de satisfaire chaque propriétaire rencontré.
Mon chiot doit-il rencontrer des gros chiens ?
Il peut être intéressant qu'il découvre progressivement différents gabarits, mais les interactions doivent être adaptées.
Un grand chien capable de moduler son comportement peut parfaitement interagir avec un petit chiot.
Faut-il interrompre les jeux entre chiots ?
Des interruptions ponctuelles peuvent être très intéressantes.
Elles permettent d'observer si les deux chiens souhaitent retourner jouer et apprennent également au chiot à quitter temporairement une interaction.
Mon chiot ne joue pas avec les autres chiens, est-ce grave ?
Pas nécessairement.
Tous les chiens n'ont pas la même appétence pour le jeu.
Il est plus important qu'il puisse fonctionner sereinement en présence de congénères et communiquer correctement.
Pourquoi mon chiot tire-t-il vers tous les chiens ?
Cela peut notamment être lié à l'excitation, à une forte attente de rencontre ou à l'habitude d'avoir systématiquement accès aux chiens.
Travailler progressivement les croisements sans interaction peut aider à développer davantage de neutralité.
Peut-on créer de la frustration en faisant rencontrer trop de chiens ?
Oui, notamment si chaque chien aperçu devient systématiquement une occasion d'interaction.
Le chiot peut développer une forte attente et avoir ensuite du mal à accepter qu'il ne puisse pas rencontrer certains congénères.
